Communiqué de presse

OUFTI-1, premier nano-satellite belge, prêt pour l’espace

25/11/2013

 

Le projet OUFTI-1 a abouti et l'ULg organise, le 22 avril 2016, une soirée spatiale à l'occasion du lancement du CubeSat.

 

OUFTI-1 (acronyme pour Orbital Utility For Telecommunication Innovations), premier CubeSat belge, vient d’être assemblé au Centre Spatial de Liège (CSL-ULg), le modèle de vol est maintenant prêt à passer toutes les étapes de tests de l’ESA préalables à sa mise en orbite, en principe au début 2015.

jlw-oufti1-375OUFTI-1 est une « première » pour la Belgique à plusieurs titres. En effet, il s’agit du premier satellite immatriculé en Belgique, entièrement conçu et construit en Belgique sous management belge. C’est également le premier satellite complet assemblé au sein du CSL-ULg. C’est aussi le premier satellite embarquant dans l’espace un relais de la technologie numérique D-STAR, le nec plus ultra pour la communauté mondiale des radioamateurs.

OUFTI-1 est avant tout un projet pédagogique, initié au sein de la Faculté des Sciences appliquées, qui a permis à une cinquantaine d’étudiants ingénieurs de l’ULg (et aussi de Hautes Ecoles*) de participer concrètement à la conception et à toutes les étapes de développement du CubeSat, encadré par le staff académique et scientifique. La « matière grise » d’OUFTI-1 se trouve en grande partie dans la cinquantaine de travaux de fin d’études réalisés par les étudiants ingénieurs et informaticiens.

jlw-oufti1-006L’Agence Spatiale Européenne (ESA) a retenu en juillet dernier le projet OUFTI-1 parmi les missions CubeSat de son programme d’éducation Fly  Your Satellite! (FYS). Afin de se conformer aux échéances de l’ESA, l’équipe OUFTI-1 a tout mis en œuvre pour produire en un temps record la documentation volumineuse requise, y compris la procédure ultra-détaillée de toutes les phases d’asemblage du modèle de vol. « Qu’il s’agisse d’un grand satellite ou d’un petit, comme un CubeSat, les exigences sont identiques », explique le Pr Jacques Verly (Laboratoire d’Exploitation des Signaux et des Images - INTELSIG), à l’origine du projet OUFTI-1 à l’ULg.

Le 6 novembre, le modèle de vol OUFTI-1 a subi avec succès le Test Readiness Review (TRR) en conditions ambiantes au CSL-ULg. Cette première TRR sera suivie d’une deuxième qui ouvrira alors la porte aux campagnes d’essais en ambiance spatiale à l’ESTEC (European Space Research & Technology Centre) à Noordwijk (Pays-Bas).

« Selon le calendrier de l’ESA, nous espérons un lancement d’OUFTI-1, en même temps que d’autres CubeSats européens, dans une période de six mois centrée sur le 1er janvier 2015, mais nous ne connaissons pas encore le lanceur qui sera retenu par l’ESA », souligne le Pr Gaëtan Kerschen (Laboratoire de Structures et Systèmes spatiaux), autre responsable académique du projet.

jlw-oufti1-431« Avec OUFTI-1, l’ULg épouse parfaitement la philosophie stratégique poursuivie par l’ESA avec le programme FYS. En effet, le but explicite de ce programme européen, lancé au printemps dernier, est d’assurer une continuité en matière de ressources humaines de jeunes ingénieurs formés aux techniques spatiales. Dès son origine en septembre 2007, OUFTI-1 avait bien une vocation éducative. Il était donc un candidat idéal pour le nouveau programme FYS, et ce d’autant plus qu’il était parvenu à stade avancé de maturation technologique », observe le Pr Jacques Verly.

« Les CubeSats sont de plus de plus reconnus comme pouvant jouer un rôle nouveau et décisif dans la réalisation d’expériences scientifiques et techniques dans l’espace, et leurs capacités sont complémentaires à celles des gros satellites conventionnels. OUFTI-1 étant le premier nano-satellite belge, l’ULg joue dans notre pays un rôle de pionnier pour l’utilisation de cette technologie au service des futures missions scientifiques spatiales », ajoute le Pr Jacques Verly.

« Cela conforte aussi la position wallonne dans le secteur spatial et la qualité de notre formation. Rappelons, à ce propos, que l’ULg est la seule université en Belgique francophone à organiser le master ingénieur civil en Aérospatiale et le master en Sciences spatiales », ajoute le Pr Gaëtan Kerschen.

* Institut Gramme (HELMo), Service électronique de l’ISIL et Rennequin Sualem-INPRES (Haute Ecole de la Province de Liège).

jlw-oufti1-029-710

Plus d’infos

« OUFTI-1 : bientôt prêt pour l’espace ! », par Théo Pirard (Source : Reflexions, webmagazine de vulgarisation scientifique de l’ULg)

Vidéos Vid-ulgtv-logo

Actu-Oufti1-VidPlayPrésentation du projet de nano-satellite : www.webtv.ulg.ac.be/oufti

Actu-OuftiAssemblage-VidPlayAssemblage du nano-satellite : www.webtv.ulg.ac.be/oufti2013

Photos et vidéos à télécharger

www.ulg.ac.be/espacepresse

Programme FYS www.esa.int/Education/Call_for_Proposals_Fly_Your_Satellite

OUFTI-1 : premier relais spatial des télécommunications D-STAR

Le D-STAR (Digital Smart Technologies for Amateur Radio) est un protocole numérique (« digital ») de télécommunication radioamateur développé en 2001 par l’association des radioamateurs japonais (JARL). Le D-STAR présente de nombreuses caractéristiques intéressantes : une communication numérique via radio et/ou internet, le routage complet via internet, ou encore la possibilité de roaming à travers le monde sur la base des indicatifs radioamateurs. Le système D-STAR classique est développé pour trois bandes de fréquences : VHF (145 MHz), UHF (435 MHz) et UHF/bande L (1,2 GHz). Les deux bandes utilisées par OUFTI-1 sont : UHF (435 Mhz) pour le lien montant (de la Terre vers le satellite) et VHF (145 Mhz) pour le lien descendant (du satellite vers la Terre).

OUFTI-1 est le premier relais D-STAR situé dans l’espace. Il complétera le réseau existant de relais terrestres et offrira à la communauté des radioamateurs une solution complémentaire pour établir des communications D-STAR sur de longues distances, y compris en utilisant le roaming et internet.

En ce qui concerne les relais terrestres, le relais D-STAR de l’ULg, installé depuis 2008 au Sart Tilman, est le premier en Belgique et le 5e en Europe connecté à l’internet.

Une fois en orbite, OUFTI-1 sera contrôlé au sol depuis l’ULg. Une station de réception et émission des signaux de satellites radioamateurs est déjà opérationnelle au sein de la Faculté des Sciences appliquées de l’ULg. Celle-ci permettra d’envoyer les télécommandes à OUFTI-1 et d’en recevoir la télémétrie.

Un projet mené au pas de tir

L’assemblage d’OUFTI-1 met un terme à six années de gestation qui ont mobilisé une cinquantaine d’étudiants et une dizaine de professeurs et ingénieurs. Le CubeSat a bénéficié de financements consentis par la Politique scientifique belge (Belspo, via le programme Prodex) et l’Université de Liège. Plusieurs acteurs industriels de premier plan dans le domaine spatial ont également soutenu le projet : Thales Alenia Space Belgium, Spacebel, LMS Samtech, V2i, Deltatec, et bien entendu, le CSL-ULg.

OUFTI-1 est un cube de 10 cm de côté, couvert de panneaux photovoltaïques, d’une masse d’1 kg à peine et d’une puissance d’environ 1W seulement (avec des pics à 2.6 W). Il intègre des cartes électroniques entièrement conçues par les étudiants ingénieurs de l’ULg (et aussi de Hautes Ecoles*). Les prochains tests devront certifier les capacités de résistance des composants aux vibrations induits par le lancement et aux rigueurs de l’environnement spatial (vide, températures extrêmes, radiations, etc.). Il a été conçu pour une durée de vie opérationnelle d’un an.

Alors que diverses personnes se sont impliquées dans le projet au cours des six dernières années, les dernières phases de la conception, ainsi que l’assemblage final du satellite, sont à l’actif d’une équipe comprenant Amandine Denis (ingénieur civil, chercheur au département Aérospatiale & Mécanique de l’ULg), Nicolas Crosset et Xavier Werner (ingénieurs industriels, chercheurs au Laboratoire INTELSIG de l’ULg), et Valéry Broun (ingénieur civil, maître-assistant à l’ISIL – Haute Ecole de la Province de Liège).

Depuis 2007, Amandine Denis a joué un rôle clé en tant que Chef de projet, assurant la gestion et le suivi scientifique des étudiants, ainsi que la production de la documentation requise par le programme FYS de l’ESA. Le rôle de Jonathan Pisane est également à souligner. Il est un des tout premiers étudiants ingénieurs à avoir travaillé sur OUFTI-1, en particulier sur les algorithmes permettant de décoder les signaux D-STAR. Il a par la suite, au cours de sa thèse de doctorat, conseillé les étudiants, et aujourd’hui encore, il aide à résoudre des problèmes techniques.

Contact(s) :

Pr Jacques Verly,
Laboratoire d’Exploitation des Signaux et des Images – INTELSIG (département Electricité-Electronique-Informatique, Institut Montefiore, Université de Liège)
+32 (0)479 38 25 86 - +32 (0)4 239 27 56 - jacques.verly@ulg.ac.be

Pr Gaëtan Kerschen,
Laboratoire de Structures et Systèmes spatiaux (département Aérospatiale et Mécanique, Université de Liège)
+32 (0)498 56 53 07 - g.kerschen@ulg.ac.be

Version imprimable Page mise à jour le 2016-11-30