Comment communiquer avec les médias ?

 

Quelques conseils pratiques

Avec environ 5000 citations dans la presse écrite et audiovisuelle belge par an, l’Université de Liège s’impose comme un interlocuteur important pour les médias. Interviews, commentaires, informations sur les résultats de recherche, sur des innovations, sur des projets collaboratifs : les formes variées de cette communication témoignent de relations devenues plus étroites entre les chercheurs et les médias, en particulier avec les journalistes. L’époque de la «tour d’ivoire» est bel et bien révolue et ces deux « mondes parallèles» se croisent souvent désormais.

   

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Pour les enseignants et chercheurs universitaires, la presse et les médias en général constituent un moyen aisé de relayer leurs travaux auprès du grand public et de montrer leurs compétences (les leurs, celles d’un labo, d’une équipe). Les recherches bénéficiant généralement d’un financement public, c’est aussi une façon de « rendre compte » de ce qui est réalisé avec les moyens de la collectivité.

Pour    les    journalistes,    les    scientifiques    sont    autant    des    « découvreurs »    de    connaissances nouvelles, c-à-d. des sources d’informations potentielles, que des « experts » qui leur permettent de commenter une question d’actualité, de préciser une information et de la mettre en perspective.

 

Au sommaire

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Y aller en connaissance de cause

Ai-je des informations susceptibles d’intéresser la presse ? Ai-je des ressources à disposition pour m’aider à établir le lien ? Communiqué ou conférence de presse ? Qui est ce journaliste qui sollicite une interview ? Puis-je lui demander de relire son article ? Comment se construit un reportage au journal télévisé ? Voilà quelques-unes des nombreuses questions que peut se poser tout chercheur face à la presse.

Précisons d’abord que « LA presse », cela n’existe pas ; ce qui existe, ce sont des journalistes, avec une multitude de profils et d’intérêts différents, selon par exemple :

  • leurs statuts: professionnels agréés, stagiaires, employés, fonctionnaires, freelance, pigistes, et même... collaborateurs bénévoles.
  • les médias dans lesquels ils travaillent : quotidien, newsmagazine, télévision radio, hebdo TV, presse féminine, revue médicale, presse professionnelle, presse spécialisée, ...
  • leurs spécialisations : la plupart sont des « généralistes » de l’info (amenés à traiter d’un jour à l’autre les sujets les plus divers), d’autres suivent des dossiers, des matières dans leur rédaction (l’économie, la politique belge, le Moyen-Orient, l’enseignement, les sports, les sciences, la santé,...), certains sont des spécialistes reconnus et maîtrisent très bien leur domaine (ils en savent parfois plus que les personnes qu’ils interviewent, ce sont des leaders d’opinion dans leur domaine!).

JournauxTout qui a déjà collaboré avec les médias se rend vite compte de ces grandes disparités. Un journaliste n’est pas l’autre, un média non plus. Il existe des « codes » spécifiques et il faut s’adapter en fonction du média, du journaliste, du contexte.

Les domaines de la science ne sont pas exempts de polémiques, et les chercheurs peuvent parfois les alimenter, volontairement ou non. Leurs déclarations peuvent déranger, remettre en cause d’autres travaux, des déclarations ou des prises de position ; elles peuvent aussi être mal interprétées parce que mal reproduites ou tronquées, etc. Les situations problématiques sont plutôt rares mais le risque existe.

Dans toutes ces situations, il ne faut pas hésiter à prendre contact avec le service de presse qui peut conseiller et orienter les chercheurs.

Communiqué ou conférence de presse ?

Ca y est ! Votre étude est terminée, une revue s’apprête à publier vos résultats et vous pensez que ceux-ci pourraient intéresser le grand public. Bien souvent, les chercheurs pensent spontanément organiser une « conférence de presse ». Mais c’est un exercice devenu plus exceptionnel : courant constamment après le temps parce que (notamment) de moins en moins nombreux dans les rédactions, les journalistes soupèsent maintenant fortement leur décision de se rendre à ces rendez- vous d’information. Dans nombre de cas, un communiqué de presse est en fait plus indiqué.

Communiqué de presse

C’est un texte court, d’une à deux pages A4, factuel, pertinent, en lien avec une actualité (de nouveaux résultats, l’obtention d’un prix, une nomination, un événement à venir, etc.). Un communiqué a pour objectif d’informer les journalistes et de susciter leur intérêt pour développer le sujet. Mais il n’y a aucune garantie que le communiqué sera publié, diffusé, et pas forcément dans la forme transmise. Les rédactions reçoivent chaque jour des dizaines de communiqués : la majeure partie va directement à la poubelle !

D’un point de vue formel, un communiqué doit être daté, on doit en connaître l’émetteur (une personne, une organisation) et il doit proposer les coordonnées d’un contact pour les journalistes qui veulent aller plus loin.

S’il s’agit d’un communiqué en lien avec une publication dans une revue scientifique, celle-ci exige souvent un embargo, ce qui implique que l’information ne peut devenir publique qu’à partir de tel jour à telle heure. Avant cela, il est toujours possible de préparer des entretiens avec des journalistes mais le chercheur doit toujours s’assurer au préalable que le journaliste est conscient de cette date d’embargo et qu’il s’engage à la respecter.

Le service de presse peut bien entendu évaluer l’intérêt d’un communiqué, prendre en charge sa rédaction et sa diffusion dans les rédactions, ou y contribuer.

Conférence de presse

Moins fréquente désormais, la conférence de presse peut toutefois s’avérer fort utile lorsque l’information est particulièrement importante et que l’on souhaite réunir la presse au même moment pour la présenter et la commenter. Parfois la conférence de presse s’impose, par exemple pour une visite d’un nouveau laboratoire, la présentation d’un équipement remarquable, un évènement incontournable, etc.

C’est un « événement » à mettre en place qui exige dès lors un investissement logistique et du budget. Si plusieurs interlocuteurs sont incontournables, ils doivent accorder leur agenda (parfois un véritable casse-tête !), il faut choisir un lieu et une formule (un déjeuner de presse ?), il faut que les journalistes se déplacent (ce qui signifie être absent du desk pendant deux heures au moins...). Il faut se concerter sur les messages délivrés par les interlocuteurs, en veillant à éviter les digressions (directement « to the point » !). Généralement, les journalistes reçoivent un dossier de presse composé d’un communiqué et de documents pertinents par rapport à l’information présentée (descriptif plus détaillé, rapports, photos, imprimés,... parfois copiés sur un DVD, une clé USB ou téléchargeables également après la conférence de presse sur un serveur internet).

Une conférence de presse se déroule habituellement en trois temps : d’abord la présentation de l’information, ensuite une séance de questions-réponses avec les journalistes, puis un temps consacré aux interviews individuelles, en priorité pour les médias audiovisuels.

La conférence de presse excède rarement une heure à une heure et demi au total. Une prise de parole est de l’ordre de 15 minutes maximum. Deux à trois interlocuteurs suffisent généralement pour « faire le tour de la question » (mais un seul peut suffire parfois), dans ce cas, il faut veiller à ne pas dépasser les 40 minutes pour la partie des présentations. Il est inutile de vouloir tout dire : le dossier de presse est justement là pour compléter l’information. Il faut se concentrer sur le cœur des informations que l’on souhaite communiquer.

Si le thème présenté suscite de nombreuses questions de la part des journalistes, c’est déjà un indice d’une conférence de presse réussie : vous avez capté leur attention ! Cette séance de questions- réponses devient alors la partie la plus importante de la conférence de presse car c’est souvent à ce moment que les journalistes choisiront l’angle (le point de vue) de leur papier !

Ce qui se dit lors d’une conférence de presse est publique et peut être cité dans un article. Les propos peuvent également être captés par la radio ou la télévision, indépendamment d’une interview spécifique qui suivrait.

On l’aura compris, inviter des journalistes à une conférence de presse ne signifie pas qu’ils seront tous présents. Toutefois il ne faut jamais perdre de vue que derrière le caractère éventuellement intimiste d’une conférence de presse (quelques personnes à peine, interlocuteurs compris), il y a des dizaines de milliers de lecteurs et auditeurs des médias présents ! Derrière l’œilleton du caméraman de la RTBF ou de RTL-TVI, par exemple, c’est 500000 à 800000 personnes qui vous regardent et écoutent !

« Pourrais-je vous interviewer ? »

InterviewRadioC’est la situation la plus fréquente pour un chercheur. Que ce soit en presse écrite ou audiovisuelle, les chercheurs sont régulièrement sollicités par la presse pour apporter leur expertise, compléter l’information du journaliste, livrer une analyse ou un commentaire,...

Ici encore, de multiples situations peuvent se présenter. Un entretien de fond sur un sujet scientifique ne débouchera peut-être pas sur un article mais vous aurez aidé le journaliste à comprendre des informations complexes, à décrypter des enjeux.

Un journaliste peut solliciter une interview en bonne et due forme. En presse écrite, cela peut aller d’une interview en pleine page à quelques lignes éparses à l’intérieur d’un article, en passant par un encart de deux-trois questions en marge d’un papier plus vaste. En radio et en télévision, hormis les émissions magazines, les formats sont très courts. Les extraits d’interview ne dépasseront pas ou rarement la vingtaine de secondes... Il faut donc se concentrer sur le message principal que l’on souhaite faire passer, et si possible le présenter dans une forme imagée, utiliser des comparaisons qui peuvent faciliter la compréhension pour des auditeurs/téléspectateurs bombardés d’informations en un minimum de temps.

Bien entendu, l’interview proprement dite est généralement précédée d’un petit entretien avec le journaliste. Vous pouvez être plus complet à ce moment-là, cela aide le journaliste à construire son sujet. Mais lorsque le micro est tendu, revenez toujours à votre message principal.

Puis-je refuser une interview ?

Bien entendu ! Vous ne vous sentez pas à l’aise avec le sujet, ce n’est pas vraiment votre domaine, vous connaissez un collègue qui serait un meilleur spécialiste,... Dans ce cas, signalez-le au service de presse qui tentera de trouver un autre interlocuteur. Et expliquez-le au journaliste, qui comprendra parfaitement.

Puis-je relire l’article ?

C’est un point plus sensible. Le principe général est qu’aucun journaliste n’a l’obligation de faire relire l’article par la personne qu’il vient d’interviewer. L’exiger, de votre part, serait prendre le risque de se fermer durablement les portes de la presse...

Dans la pratique, les choses se déroulent généralement autrement et plus souplement. Le journaliste lui-même peut vous proposer cette relecture car il maîtrise moins bien la matière, craint de se tromper sur des termes spécifiques ou des données « techniques ». Dans ce cas, veillez à corriger exclusivement des informations factuelles et pas à modifier le sens de l’article, le style, les interprétations du journaliste ou encore à édulcorer des propos que vous avez tenus (parce que, à la réflexion, vous craignez les retombées éventuelles : cela, il faut y penser avant, dès le moment de l’interview !). De votre côté, il vous est toujours loisible de suggérer une relecture, dans l’esprit de ce qui précède.

Dans l’audiovisuel, demander une « relecture » est tout simplement impraticable.

C’est off the record !

S’exprimer en « off », cela veut dire que ce qui est dit ne peut pas être publié ou, en tout cas, être attribué à la source du journaliste. C’est une parenthèse dans une conversation, clairement délimitée. Pourquoi parle-t-on « en off » ? Pour s’assurer d’être bien compris mais en faisant appel à des informations confidentielles. Les politiques peuvent exceller dans l’art du « off », qui bien souvent sert justement à titiller la curiosité du journaliste sur un sujet particulier... Aux journalistes de repérer les tentatives d’instrumentalisation. Et à respecter, ou non, ce « off ».

Bien compris de part et d’autre, le « off » peut être un excellent outil au service de la qualité de l’information : l’interlocuteur s’exprime sans crainte car il sait que ses propos ne seront pas publiés ; le journaliste, lui, dispose d’informations de contexte qui lui permettent de mieux décrypter des enjeux. Reconnaissons cependant que l’on utilise à tort et à travers le « off ». En abuser sans raison, c’est se discréditer vis-à-vis de journalistes. Cela reste une exception.

 

Lors de toute interview, n’oubliez pas de faire mention de votre fonction exacte au sein de l’Université de Liège. Si vous n’avez pas l’occasion de remettre une carte de visite, vérifiez auprès du journaliste qu’il a bien pris note de votre nom correctement orthographié, ainsi que de vos coordonnées pour un prochain contact.

Prendre les devants, être actif sur les réseaux sociaux, créer son blog,...

InterviewTVAujourd’hui, de multiples outils sont à la disposition de tout un chacun, et donc aussi des chercheurs, pour exprimer un point de vue, partager une analyse, publier des informations, participer au débat public. Via les réseaux sociaux, Twitter et Facebook particulièrement, la presse repère très rapidement ces spécialistes ou « prescripteurs d’information » qui peuvent devenir des interlocuteurs privilégiés dans les médias. Un événement non communiqué aux journalistes de manière officielle mais publié sur les réseaux sociaux peut ainsi connaître une répercussion médiatique.

Depuis quelques temps, l’Université de Liège a décidé de renforcer sa présence sur les réseaux sociaux, en marge des canaux de communication classiques. L’idée : dévoiler davantage les coulisses de l’institution, mettre en valeur les personnes qui la composent – de l’étudiant aux enseignants, en passant par le personnel –, réagir à l’actualité, donner écho aux évènements et aux « découvertes maison », susciter l’interaction. Bref, rendre compte de sa petite et sa grande actualité. Dont les chercheurs font partie ! Si les comptes des réseaux sociaux de l’ULg (gérés et alimentés au sein du service Presse) peuvent constituer un moyen de transmission de l’actualité des chercheurs, il est tout aussi intéressant, en parallèle aux voix «officielles» (et donc, par définition, moins humanisées), de franchir le pas, de se montrer proactif et ouvert aux échanges via des comptes personnels.

Le web social – libre, simple et convivial – évolue sans cesse et constitue un lieu d’expérimentation permanente. Une chose est sûre cependant : loin d’un effet de mode anecdotique, il est devenu un incontournable acteur de la communication d’aujourd’hui.

 

Des questions, des conseils, des relais, des informations à transmettre, etc. ?

N’hésitez pas à prendre contact avec le service presse-communication de l’ULg !

 

Version imprimable Page mise à jour le 2016-12-13