Dépendance, addiction, assuétude

HahaOn utilisera ici indifféremment les termes de dépendance, assuétude et addiction.

Il peut s'agir d'une dépendance à un produit (drogue, alcool, tabac…), à une personne (dépendance amoureuse, affective), ou à une conduite (jeu, achats, travail, sport, nourriture, idéaux politiques ou religieux, sexe…)

Au départ de toute dépendance il y a la rencontre émotionnellement et physiquement forte avec un produit, un comportement ou une personne, qui répond à une attente profonde de l'individu, dans un contexte particulier (social, familial, affectif…). Si la dépendance comporte un aspect "maladie", elle est aussi le symptôme de quelque chose de plus profond : un mal-être par exemple, ou une souffrance, un besoin de renforcement de soi…

Qu'il s'agisse d'une dépendance à un produit ou un comportement compulsif, les mécanismes neurobiologiques qui entrent en jeu sont les mêmes, les critères diagnostiques et l'évolution de l'assuétude sont similaires.

Dans toutes les addictions, on retrouve les mêmes éléments, à différents niveaux d'intensité :

  • La personne ressent un désir impératif pour le produit ou le comportement.
  • Une tolérance se manifeste. Elle correspond à une adaptation de l’organisme et se traduit par la nécessité d’augmenter les doses pour atteindre l'effet ou l’excitation souhaités.
  • La personne perd le contrôle de sa consommation ou de sa conduite. Elle continue même après avoir pris conscience des conséquences négatives.
  • L’existence entière de la personne "addicte" est tournée vers la recherche des effets physiques et psychologiques du produit ou de la conduite. Corolairement, elle perd progressivement tout intérêt pour les autres activités ou plaisirs.
  • Le sevrage ou la diminution de la dose lui cause une grande souffrance physique et psychologique.
  • Elle est incapable d’arrêter seule et a le sentiment d'être aliénée, prisonnière de son addiction.
  • La personne "addicte" reste, même après des années d’abstinence, plus sensible que d’autres au produit ou à la conduite et donc à la possibilité de replonger. Elle reste hypersensible aux incitations.

Rouge
Tout être humain est dépendant de quelque chose… et souvent de plusieurs choses à la fois. Mais à partir de quand une conduite devient-elle une pathologie, quelle est la limite entre un comportement fréquent voire excessif et un comportement vraiment pathologique ?
Les critères objectifs et quantifiables (nombre de fois par jour, nombre d'heures...) ne suffisent pas pour parler de pathologie (et donc de soins). Il faut que la personne ressente une aliénation, qu'elle exprime une souffrance, qu’elle veuille arrêter mais n’y parvienne pas sans aide.

Version imprimable Page mise à jour le 2013-03-08