Carnets du Patrimoine : La salle académique

SAClassée Patrimoine exceptionnel de Wallonie depuis 1999, la Salle académique se distingue comme un des rares témoignages de l'architecture liégeoise de la période hollandaise. Plusieurs fois menacé de destruction, ce fleuron néoclassique constitue, par ailleurs, le premier bâtiment conçu spécialement pour l'Université de Liège.

Lors de la fondation de l'Institution en 1817, les travaux d'aménagement du site sont confiés à l'architecte de la Ville, Jean-Noël Chevron (1790-1867), formé à l'École des Beaux-Arts de Paris. Deux ans plus tard, il entreprend la construction d'un petit édifice de prestige accueillant un amphithéâtre : la Salle académique. Cependant, il semble que les moyens soient limités puisqu'une petite partie de l'ancienne église des jésuites est conservée – deux baies obturées et un des pilastres du bras du transept sont encore visibles dans le mur sud – et que les blocs de calcaire sont réutilisés.

À l'origine, l'entrée se fait par un portique occidental scandé par huit colonnes ioniques soutenant un entablement dont la frise portait l'inscription « UNIVERSIS DISCIPLINIS ». Mais lors des transformations des années 1890, cette partie de l'édifice est démolie. Le volume intérieur est par contre en grande partie préservé. Il se compose d'un vaste hémicycle entouré de gradins sur deux niveaux respectant la superposition des ordres : les colonnes du rez-de-chaussée sont ioniques et celles du premier étage corinthiennes.

Grisaille
Les motifs des stucs sont empruntés au répertoire de l'Antiquité : rosaces de la demi-coupole de la voûte et des niches, épaisse moulure feuillagée, réseau de rinceaux, figures féminines ailées tenant une couronne de laurier… Mais ils rendent également hommage au fondateur de l'Université, Guillaume Ier, évoqué par l'initiale W (Willem) au plafond et sa devise Je maintiendrai au-dessus de la grisaille. Élément le plus remarquable de la décoration, cette peinture d'Alexandre Rifflaert commémore l'inauguration du bâtiment en 1824 comme l'indique le chronogramme : « EN DVLCIS PATRIAE SPEM LAVRV CINGAT VT IPSE », qu'on peut traduire par « Et voilà comment, en personne, il ceint de laurier l'espoir de la douce patrie ». La scène s'articule autour du monarque couronnant un jeune diplômé, suivi par ses condisciples, au milieu de nombreuses figures allégoriques évoquant principalement les disciplines enseignées à l'Université ainsi que le passé prestigieux et la prospérité économique de Liège.

Lors de la restauration en profondeur dirigée en collaboration par l'Université et la Région wallonne au début des années 2000, on prend le parti de rétablir au maximum l'état originel, notamment en optant pour le faux marbre blanc retrouvé lors des sondages de la couche picturale. Les apports contemporains – plancher, mobilier, panneaux acoustiques… – s'affirment clairement tout en respectant l'unité du lieu.

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Version imprimable Page mise à jour le 2009-01-27