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Carnets du Patrimoine - L'Institut Électrotechnique Montefiore

D'origine britannique, George Montefiore-Levi (1832-1906) sort ingénieur métallurgiste de l'École des Arts et Manufactures de Liège en 1852. Inventeur d'une variété de bronze phosphoreux bien adaptée à la fabrication des fils télégraphiques, il fournit en 1879 les câbles du premier réseau téléphonique belge.

En 1881, participant à Paris à la première Exposition internationale de l'Électricité, Montefiore réalise l'imminence du développement fulgurant de l'électrotechnique. Il prend aussi conscience du retard accumulé en Belgique quant à son enseignement. Il se consacre alors à la création d'un institut spécialisé dans la formation d'ingénieurs électriciens et jette son dévolu sur l'Université de Liège pour l'y installer.

IEMLe premier Institut Électrotechnique Montefiore (IEM) est inauguré en octobre 1883. L'État met à disposition une annexe désaffectée de l'université pour y aménager salles de cours, laboratoires et ateliers. Montefiore offre les fonds nécessaires à l'acquisition des équipements.

Dès la fin des années 1880, le nombre d'étudiants étant en constante augmentation, un déménagement vers de plus vastes locaux est envisagé. En 1891, l'IEM est transféré dans l'ancienne École normale des Humanités, offerte par l'État à l'Université. La première pierre de ce bâtiment avait été posée en novembre 1881, sur le site occupé depuis 1847 par l'École normale, rue Saint-Gilles (au n°33). La construction avait duré deux ans, sous la conduite de l'architecte liégeois Émile Demany (1845-1908).

Régulièrement, l'IEM est agrandi et modernisé. En 1903, Montefiore y finance la construction d'un vaste amphithéâtre pouvant accueillir trois cents étudiants. La même année, un buste du mécène - œuvre du sculpteur anversois Thomas Vinçotte (1850-1925) - est placé dans la cour d'honneur. Contrairement aux autres facultés de l'Université, l'IEM subit peu de dommages pendant la première guerre mondiale. En 1919, un atelier équipé de ponts roulants y est aménagé pour l'étude des grosses machines industrielles. En 1929, une section de radioélectricité y est inaugurée. Peu avant 1940, un laboratoire d'étude des hautes tensions y est mis en service.

Confiné dans des bâtiments devenus trop exigus et inadaptés aux exigences des nouvelles technologies, l'IEM est transféré dans le domaine universitaire du Sart-Tilman à partir de 1977. Dans les années 1990, le bâtiment dessiné par Demany accueille quelque temps l'Institut supérieur d'Architecture Lambert Lombard. La proximité immédiate du site de Beauregard, où est installée une partie de HEC-Ecole de Gestion de l'ULg, incitera l'Université à réinvestir le bâtiment à partir de 2009-2010, créant ainsi un "campus Saint-Gilles".

IEM2L'IEM se compose d'un corps central et de deux ailes perpendiculaires placées à ses extrémités. Au fil des ans, des annexes - notamment le bâtiment de l'auditoire et un hall de machines pour l'alimentation électrique des locaux - seront construites dans le prolongement longitudinal desdites ailes. La façade principale comporte six travées sur deux niveaux. Les deux centrales sont coiffées d'un fronton armorié en plein cintre. Les ailes perpendiculaires comportent quatre travées sur trois niveaux. Elles sont couvertes de toitures en bâtière garnies de lucarnes et de frontons triangulaires sur leurs pignons. Ces derniers sont par ailleurs décorés sur trois niveaux par d'imposants cartouches oblongs. L'horizontalité prédominante du bâti est soulignée par de robustes corniches à ressaut, ainsi que par l'alternance d'un appareil à bossages et de refends. Le style général de ce bâti est nettement d'inspiration classique.

Directement voisin de l'IEM, l'hôtel particulier (au n° 31) est offert par Montefiore à l'Association des Ingénieurs Électriciens sortis de l'Institut Montefiore (AIM). Une bibliothèque et une salle d'études y sont installées pour les étudiants. D'une architecture plus commune, ce bâtiment conserve cependant une porte d'entrée ornée d'une plaque gravée remarquable.

 

Philippe TOMSIN

 

Orientation bibliographique

BÈDE, E., L'Institut électrotechnique Montefiore, L'Ingénieur-Conseil, t. VIII, n° 13, 1886, p. 198-199.
CHAUVIN, H., Institut Électrotechnique Montefiore de l'Université de Liège, L'Expansion Belge, t. I, 1908, p. 364-369.
CORTEMBOS, Th. (dir.), Patrimoine architectural et territoires de Wallonie. Liège, s. l., 2004, p. 306.
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LEGROS, W. et PIROTTE, P., L'électrotechnique, collectif, Apport de Liège au progrès des sciences et des techniques, Liège, 1981, p. 373-381.
MÉAN, E., Un centenaire à l'université de Liège: l'Institut d'Électricité Montefiore, s. n., 100e anniversaire de l'Institut d'Électricité Montefiore, Liège, 1983, p. 23-36.
PAQUET, P. et DHEM, C. (dir.), Le patrimoine civil de Wallonie, Liège, 1995, p. 246 et 248.
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STIENNON, J. (dir.), Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 3, Province de Liège. Arrondissement de Liège. Ville de Liège, Liège, 1974, p. 312.
TOMSIN, Ph., L'institut Électrotechnique Montefiore à l'Université de Liège, des origines à la seconde guerre mondiale, BADEL, L. (dir.), La Naissance de l'ingénieur-électricien. Origine et développement des formations nationales électrotechniques, actes du 3e Congrès sur l'histoire de l'électricité organisé par l'Association pour l'Histoire de l'Électricité en France, Paris, 1997, p. 221-232.

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Version imprimable Page mise à jour le 2009-01-27