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Carnets du Patrimoine - L'Aquarium-Muséum

tocModeleVerreDans les salles du Muséum, 1.000 m² sont consacrés à la diversité animale, du plus minuscule des insectes à l'éléphant. A bien y regarder, on n'y trouve pas que des spécimens naturels. Les salles et vitrines présentent aussi des témoins impressionnants de l'histoire des sciences.

ModeleCireAu XIXe siècle, les techniques de conservation des invertébrés sont encore rudimentaires. Conservés dans l'alcool, ils perdent rapidement leurs couleurs, leur transparence et même leur forme. Plusieurs musées de par le monde s'intéressent alors aux artistes Dresdois Léopold Blaschka (1822-1895) et son fils Rudolph (1857-1939) qui créent en verre de fidèles reproductions de ces animaux, méticuleusement réalisées d'après des illustrations d'ouvrages spécialisés et des modèles vivants ou conservés. D'une qualité scientifique irréprochable, ces œuvres présentent un intérêt pédagogique indéniable. En 1886, le professeur Edouard Van Beneden commandera près de quatre-vingts de ces modèles en verre pour le Muséum de l'Université Liège : anémones de mer, polypes, méduses. Il en subsiste aujourd'hui trente-six en bon état exposés dans les vitrines. Les œuvres des Blaschka, unanimement reconnues à l'époque pour leurs qualités tant artistiques que scientifiques, sont encore très appréciées aujourd'hui.

Pour l'étude de l'anatomie humaine et animale, et particulièrement de l'embryologie, pendant longtemps, on a dû trop souvent se contenter de planches illustrées dans les ouvrages scientifiques. A partir du milieu du XIXe siècle et jusqu'en 1920, les modèles en cire représentent une avancée extraordinaire pour les universités, hôpitaux et musées : on peut désormais visualiser les organes en trois dimensions, grâce à ces pièces qui respectent scrupuleusement dimensions et couleurs. Les modèles des Ziegler à Freiburg, représentant les différents stades d'évolution de l'embryon, étaient reconnus parmi les plus remarquables de précision. Les ateliers d'Adolf et Friedrich Ziegler, père et fils, ont alors fourni à l'Université de Liège des séries de modèles embryologiques et des spécimens d'invertébrés (acariens, crustacés, vers...) dont dispose encore le Muséum. La provenance est attestée pour certaines pièces dans les archives inventoriant les dégâts dus aux bombardements de la guerre 1940-1945.

chrysophrysEn systématique animale, un type est un spécimen de référence sur lequel est basée la description officielle et publiée d'une nouvelle espèce par un "parrain"- descripteur. En toute rigueur, le nom du parrain et la date de publication sont mentionnés derrière le nom scientifique latin de l'espèce. Ainsi, par exemple, on peut voir au Muséum un étonnant spécimen-type de poisson marin d'Afrique du sud (R.E.4729) qui fut décrit et nommé par l'explorateur et naturaliste François Louis Nompar de Caumont de Laporte, comte de Castelnau (1812-1880) en 1861 sous le nom scientifique Chrysophrys nasutus Castelnau, 1861. A cette époque, la valeur scientifique d'un musée est notamment liée au nombre de spécimens-types qu'il détient. Edouard Van Beneden et ses élèves ont ainsi ramené au Muséum et décrit de nombreuses espèces dont le dauphin Sotalia brasiliensis, découvert au Brésil, et des collections d'animaux invertébrés (Cérianthides, tuniciers Ascidies).

Le Muséum possède aussi plusieurs spécimens naturalisés d'espèces aujourd'hui disparues ou au bord de l'extinction, parmi lesquelles : le pigeon migrateur américain, le dronte ou « Dodo » d'Alice au pays des merveilles, le huia, le perroquet-hibou, la grue américaine ou encore le thylacine ou « loup de Tasmanie ». Le thylacine est le plus gros marsupial carnivore des temps historiques. Le dernier spécimen connu est mort en captivité en 1936, au Zoo de Hobart (Australie). Le spécimen conservé au Muséum a été enregistré dans les collections de l'Université entre le 20 mai 1869 et le 3 mars 1870, à une époque où il se raréfiait déjà. Il avait été acheté pour la somme - très élevée pour l'époque - de 100 francs par le professeur Théodore Lacordaire, alors responsable du musée.

Une autre grande curiosité du Muséum est sans conteste l'énorme moulage d'un cœlacanthe ou Latimeria, ce poisson actuel aux caractères primitifs, dont la morphologie générale est identique à celles des fossiles connus, datant de 70 millions d'années. Ce moulage a été réalisé sous la direction du Professeur Millot, du Muséum de Paris, à partir d'un spécimen pêché dans le canal du Mozambique, au voisinage des îles Comores. Il est entré dans les collections du Muséum en juin 1959 (R.E. n° 13077). D'autres animaux, parfois qualifiés de "fossiles vivants", dont la morphologie rappelle à s'y méprendre celles de leurs lointains cousins, sont présentés dans les collections : les lépismes ou "petits poissons d'argent", les limules, les sphénodons ou Hatterias...

 

Sonia Wanson et Christian Michel

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Version imprimable Page mise à jour le 2009-01-27