Press release

Lien entre couche de neige en Ardenne et risques d’inondations hivernales

06/02/2017

Des chercheurs de l’Université de Liège montrent que les conditions climatiques favorisant les inondations hivernales ont diminué en Ardenne au cours de ces cinquante dernières années. Cette tendance devrait se poursuivre avant, sans doute, de se renverser à la fin du siècle.

En Ardenne, près de 70% des débordements de rivières surviennent en hiver. Si la moitié de ces inondations est causée par le seul effet d'abondantes précipitations, l'autre moitié, les inondations les plus dramatiques, survient lorsque l'eau issue de la fonte rapide du manteau neigeux recouvrant l'Ardenne se combine à de fortes pluies.

Pour le futur, le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat) prévoit pour nos régions une augmentation des précipitations hivernales et une diminution de l'enneigement. La question se pose dès lors de savoir comment les deux facteurs vont se combiner : moins d’inondations car moins de neige ou plus d’inondations car davantage de fortes précipitations ?

Pour répondre à ces questions, des chercheurs du Laboratoire de Climatologie de l’Université de Liège ont utilisé le modèle climatique liégeois MAR qui s’est révélé particulièrement efficace. « Le modèle a été capable de détecter plus de 90 % des périodes durant lesquelles il y a effectivement eu des inondations, se réjouit Coraline Wyard, doctorante (FRIA) au Département de Géographie – Laboratoire de Climatologie de l’Université de Liège et première auteure de l’étude. C’est ainsi que le modèle a été tout à fait capable de détecter la double crue de janvier 2011. »

Le modèle validé, les chercheurs ont étudié comment ont évolué les conditions climatiques favorisant les inondations hivernales au cours de ces cinquante dernières années. Au cours de la période 1959-2010, les tendances montrent une diminution significative du nombre de jours favorables aux inondations causées par la combinaison fonte de la neige/pluie. « Cela s'explique par une diminution significative des épaisseurs de neige accumulées en Ardenne, du nombre de jour avec accumulation de neige au sol mais aussi par un raccourcissement de la saison d'enneigement, commente Xavier Fettweis, co-auteur de l’étude et chercheur qualifié (FNRS ) au sein du Laboratoire de Climatologie. Celle-ci commence de plus en plus tard au fil des ans. Pour ce qui est du deuxième type d'inondations, celles générées uniquement par de fortes pluies, le nombre de jours qui y est favorable présente une petite augmentation sans toutefois être significative.»

Et dans le futur ? Dans un premier temps, les conditions climatiques favorisant les inondations en Ardenne devraient être moins souvent rencontrées à mesure que la neige se raréfie. Cependant, dans un second temps, l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des précipitations extrêmes devrait compenser la raréfaction de la neige, si bien qu'à la fin du XXIe siècle, il devrait y avoir autant, si pas plus, de périodes favorables aux inondations.

Il est toutefois important de noter que cette étude ne traite que de la composante climatique des inondations et ne prend pas en compte les impacts de l'Homme sur la couverture du sol et sur l'aménagement des rivières.

Source

Publication dans International Journal of Climatology
Wyard, C., Scholzen, C., Fettweis, X., Van Campenhout, J. and François, L. (2016), Decrease in climatic conditions favouring floods in the south-east of Belgium over 1959–2010 using the regional climate model MAR. Int. J. Climatol.. doi:10.1002/joc.4879

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Print version Page updated on 2017-02-15