| Séance de rentrée académique 2010 : Bill Viola | Tweeter |
Bill Viola est un des pionniers de l'art
vidéo. Il commence ses recherches sur la vidéo lors de ses études d'arts
plastiques à la Syracuse University de New York ; il suit en
particulier les enseignements du professeur Jack Nelson dans son «
experimental studio » qui l'inspireront profondément. Il étudie aussi la
musique, notamment les musiques électroniques. Chez lui, son et image
se complètent toujours et jouent un rôle essentiel pour transporter le
spectateur dans un univers souvent onirique où le vidéaste cherche à
toucher l'inconscient et à susciter de nouvelles perceptions.
Bill
Viola est l'auteur de plus de 150 vidéos et installations vidéos. Au
début des années septante, il participe à cette effervescence qui
entoure le tout nouvel art vidéo et en devient rapidement l'un des
représentants les plus reconnus dans le monde.
Dans ses
premières créations, il utilise la caméra comme un outil qui
intellectualise le monde, comme un instrument qui dissèque pour mieux
analyser, saisir et décrire. Fasciné par les technologies les plus
récentes, il se les approprie pour servir ses créations, imaginant aussi
par exemple des dispositifs de saisie d'images généralement réservés au
travail des scientifiques. Ses images sont à la fois hautement
technologique et parfaitement visionnaires.
Ses recherches sur
la vidéo le conduisent dès le milieu des années septante à réaliser des
installations et des bandes très suggestives, intimistes, exprimant son
cheminement émotionnel et spirituel, marqué par la pensée mystique et le
bouddhisme. Bill Viola va se servir de la vidéo pour explorer les
phénomènes de la perception des sens qui mène à la connaissance de soi.
Il traite l'image comme une partition musicale, l'image prolongeant la
perception sensorielle auditive. Il fait appel à des thèmes récurrents :
la vie, la mort, le rêve, l'eau, le feu, le désert,... Il s'inspire
souvent de peintures anciennes, non pour transposer en vidéo la mise en
scène du peintre (Albrecht Dürer, Masolino, etc.) mais pour explorer les
sentiments qui sont à l'origine de l'œuvre et exprimés dans celle-ci.
A partir du milieu des années quatre-vingt, la thématique du «
passage » (naissance-agonie, pensée-songe, individu-universel, etc.)
domine dans ses créations presque entièrement tournées vers des
installations vidéo d'envergure avec projection d'images de grandes
dimensions. La variété des dispositifs mis en place par Bill Viola
conduit le spectateur vers des niveaux de consciences supérieurs faisant
émerger chez lui de nouvelles émotions esthétiques.
Une
première rétrospective de son œuvre fut présentée en 1982 par le Whitney
Museum de New York, puis en 1983 par le Musée d'Art Moderne de Paris.
Ses travaux figurent aux collections des plus grandes institutions : le
Museum of Modern Art et le Guggenheim Museum de New York, le Centre
Pompidou à Paris, la Tate Gallery de Londres, etc.