| Séance de rentrée académique 2010 : William Klein | Tweeter |
Artiste
inclassable, tour à tour photographe, peintre, réalisateur et même
graphiste, William Klein explore depuis soixante ans les multiples
facettes de l'image, montrant à travers la transgression des conventions
et des genres qui l'inspire, une force créatrice hors du commun, le
rangeant définitivement parmi les créateurs les plus influents du 20e
siècle, influençant profondément des générations de photographes et de
cinéastes.
William Klein se joue des dogmes et ignore les
tabous, imposant d'emblée un style unique et révélant une personnalité
passionnée artistiquement et engagée socialement.
Né en 1928 à
New York, William Klein découvre l'Europe et Paris après la guerre,
s'inscrit à la Sorbonne puis fait son entrée dans l'atelier de Fernand
Léger où il étudie la peinture. Parallèlement il commence la
photographie et rencontre le directeur artistique du magazine Vogue qui
lui propose un contrat. Immédiatement, il révolutionne la photo de mode.
De retour dans sa ville natale, il réalise un journal
photographique (New York, 1956), considéré comme un des livres les plus
importants de l'histoire de la photographie, dans lequel, ignorant les
cadrages habituels, William Klein saisit l'atmosphère et l'essence même
de la ville. « Pour la première fois, écrit l'écrivain Alain Jouffroy,
des photographies ont devancé l'évolution des arts plastiques. Klein a
cerné, en effet, tous les thèmes traités par la suite dans la
perspective du Pop Art, du Nouveau Réalisme et de la Nouvelle
Figuration. » Dans la même veine suivront Rome (1958), Moscou (1961) et
Tokyo ( 1962).
S'investissant dans le cinéma avec le même
tempérament iconoclaste que dans la photo, William Klein réalise son
premier film en 1958, Broadway by light. Il collabore avec les plus
grands réalisateurs, Fellini mais aussi Louis Malle, dont il est le
conseiller artistique pour Zazie dans le métro. Outre quelques longs
métrages de fiction tels que Qui êtes-vous Polly Maggoo (1967) ou Mister
Freedom (1968), William Klein s'est davantage intéressé au
documentaire, souvent engagé, caméra à l'épaule au plus près des
personnages et des situations (Loin du Vietnam, 1967, Grands soirs et
petits matins sur mai 68). On notera en particulier ses films sur de
grandes figures noires aux Etats-Unis comme Muhammad Ali the Greatest
(1964-1974) ou Eldridge Cleaver Black Panther (1970).
En 2005,
le Centre Pompidou à Paris a consacré une grande rétrospective à l'œuvre
multiforme et marquante de William Klein, artiste dont les
expérimentations diverses l'ont élevé au rang de maître pour de nombreux
«créateurs d'images» contemporains.