Objectifs et particularités des formations de l'Institut


 

Les formations proposées par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales sont nées d'un même projet : apprendre à porter un autre regard sur nos sociétés pour préparer les défis majeurs que devront relever les générations futures.

Ambitieux ? Certainement ! Les changement qu'il faudra affronter ou organiser sont nombreux, profonds et parfois radicaux : l'émergence des nouvelles technologies de l'information et de la communication, l'affirmation d'un nouvel ordre économique et financier mondialisé, le projet d'unification européenne, les changements climatiques, etc. Suscitant à la fois espoir et crainte, tous ces changements vont surtout exiger de nouvelles compétences.

Certes, il faudra relever des défis techniques mais il faudra aussi concevoir de nouveaux équilibres dans les relations sociales : de la plus petite échelle, celle des relations interpersonnelles, à la plus grande, celle des échanges entre les différentes gérions de notre planète... Un champ de recherche extraordinairement vaste !

C'est pourquoi, l'Institut des Sciences Humaines et Sociales propose des formations ouvertes sur les grands débats des sociétés contemporaines et soucieuses de doter ses diplômés de compétences essentielles dans un monde en mutation. 

 ABC ISHS 11-12 - Photo 2

Regarder le monde autrement

Apprendre à regarder le monde "autrement" ne s'improvise pas. Les travaux des sociologues et des anthropologues sont ici particulièrement précieux. "La sociologie est un sport de combat, expliquait le sociologue Pierre Bourdieu. On doit s'en servir pour se défendre mais on ne doit pas l'utiliser pour faire de mauvais coups". Il ne s'agit pas de combattre le changement, il s'agit avant tout d'arriver à "décoder", à "décrypter" le plus banal des échanges quotidiens pour y déceler ce qui n'est pas donné à voir d'emblée. Partir de l'idée que ce qui est familier n'est pas pour autant connu, admettre l'étrangeté du monde social, exercer un regard distancié et critique sur les choses les plus banales et les plus évidentes... telles sont des compétences essentielles du diplômé en sciences humaines et sociales.

Apprendre à observer, à écouter et à décoder

La sociologie et l'anthropologie sont avant tout des démarches de recherche ou d'investigation. Il faut avoir une dose certaine de curiosité et une envie d'en savoir plus sur le monde social :

  • Apprendre à ouvrir ses yeux, à observer l'environnement physique et matériel, l'aménagement des lieux, des bâtiments, des espaces publics et privés, les échanges entre les individus, leur façon de se saluer, de parler, de se tenir...
  • Apprendre à écouter ce qui se dit, ce que les gens disent d'eux, de leur vie, de leur travail, de leur famille, des difficultés qu'ils rencontrent, des souffrances qu'ils ressentent.
  • Apprendre à décoder la façon dont ils en parlent, pas pour les soigner ni pour les guérir (un diplômé en sciences humaines et sociales n'est ni un assistant social ni un thérapeute) mais pour comprendre à quel point les personnalités sont le reflet des circonstances sociales et historiques, comprendre le poids des évolutions sociales chez ceux qui n'ont pu les affronter faute de moyens suffisants.

Affronter les préjugés

La sociologie et l'anthropologie invitent aussi à se méfier systématiquement des idées préconçues, des préjugés et du "bon sens" afin de déceler au mieux les enjeux des relations humaines : les jeux de pouvoir et les rapports de force qui opposent les individus ou les groupes d'individus dans la poursuite d'intérêts particuliers ou dans le maintien des avantages acquis. Les idées dominantes, celles qui s'imposent, sont généralement celles des groupes dominants ou celles qui leur conviennent. Souvent, le diplômé en sciences humaines et sociales devra aller à contre-courant et prendre systématiquement le contre-pied des idées toutes faites1.

Une formation complète

D'autres approches disciplinaires complètent la sociologie et l'anthropologie et permettent de cerner les composantes majeures de toute activité humaine, son organisation politique, économique et judiciaire, les évolutions historiques, principalement depuis la révolution industrielle et les mécanismes de la psychologie individuelle. Il est alors possible de décoder les relations humaines dans toute leur complexité et d'identifier le moteur des évolutions sociales et des conflits qui, souvent, les accompagnent.

(1)Des exemples ? Dans des dispositifs qui visent à aider les chômeurs à s'insérer (ou à se réinsérer) dans le monde du travail, à aider les élèves en décrochage scolaire à se réconcilier avec l'école ou à aider les (ex)détenus à retrouver une place dans la société, on s'appuie sur la formation d'un projet "personnel". Le chômeur, l'élève, le détenu... sont amenés à exprimer un projet qu'ils prendront en mains et qui leur permettra de (re)trouver une place. On veut alors "responsabiliser" l'individu et l'on paraît convaincu que si l'on veut vraiment, on pourra ! Mais c'est là une idée qu'il faut détricoter, parce qu'elle convient bien à ceux qui s'en sont sortis et qu'elle rappelle à ceux qui ne s'en sortent pas qu'en définitive, c'est (un peu...) de leur faute. A cette idée, le diplômé en sciences humaines et sociales opposera un regard plus objectif sur les stratégies de recrutement des entreprises, sur le contenu des tâches scolaires, sur le poids du stigmate social laissé par un séjour en prison...

Investiguer, agir, intervenir, évaluer

Un diplômé en sciences humaines et sociales sera capable d'écouter ceux qui sollicitent son intervention : "Comment puis-je faire pour que le plan de formation continue que je dois mettre en oeuvre dans mon entreprise soit efficace ? Et comment évaluer ses retombées ?" ; "Notre projet de coopération vise à soutenir la relance du système de formation des enseignants du secondaire. Par quoi allons-nous commencer ?" ; "Je voudrais en savoir plus sur les conditions de travail réservées aux maîtres-nageurs. Leur statut nous pose beaucoup de questions" ; "Notre mouvement de jeunesse est-il vraiment ouvert à tous les jeunes, y compris ceux qui vivent dans des milieux plus défavorisés ? Comment faire pour les convaincre de venir ?".

Des demandes de ce type peuvent provenir d'entreprises privées ou de services publics, d'organisations non gouvernementales, de pouvoirs locaux, d'associations syndicales, de mouvements divers... Pour répondre à celles-ci, la démarche est organisée et planifiée de façon rigoureuse. Le diplômé en sciences humaines et sociales peut s'appuyer sur des compétences "méthodologiques" qui recouvrent des tâches telles que la collecte d'informations, l'exploitation de la littérature scientifique existante, l'encodage des données collectées et leur analyse, la rédaction d'un rapport de synthèse. Cette composante  est particulièrement importante dans la formation : collecte et traitement de données quantitatives ou statistiques, collecte et analyse de données qualitatives (récits de vie, entretiens approfondis, analyse de textes). De telles compétences servent à poser un diagnostic avant d'intervenir, avant de prendre une part active à l'élaboration de programmes de recherche, de projets d'intervention ou de développement, de politiques publiques... puis d'accompagner leur mise en oeuvre et évaluer leurs résultats.

Une formation "pratique"

Variées et ouvertes, les formations en sciences humaines et sociales de l'ULg veulent vous donner l'occasion de vivre pleinement l'expérience de ce monde en changement. Ces possibilités offrent l'opportunité d'acquérir et de développer des compétences essentielles dans un monde "divers", en constante évolution. Cet apprentissage ne se limite pas à une approche "théorique". Durant les études de master, vous êtes confronté au monde du travail, dans un secteur que vous avez choisi, afin d'expérimenter les compétences acquises et de découvrir les exigences et les attentes d'employeurs potentiels. Les stages (ou le terrain, pour la formation d'anthropologie), inscrits au programme des masters, permettent ainsi de meiux intégrer tous les apports de la formation universitaire.

Enfin, les programmes de mobilité internationale permettent de compléter la formation en langues étrangères et l'immersion dans d'autres mondes, plus ou moins lointains, plus ou moins exotiques...


Du bachelier au master

Transition

La 1re année de formation est commune aux 2 bacheliers proposés par l'Institut. Elle est avant tout consacrée à une approche générale du fonctionnement des sociétés humaines souvent peu abordées dans le secondaire. C'est en quelque sorte un tremplin vers les années futures. En proposant un parcours rigoureux à travers des disciplines telles que le droit, l'histoire, l'économie, la psychologie et, bien entendu, la sociologie et l'anthropologie, elle permet de vous familiariser avec des matières nouvelles, vous acclimater aux études et à la vie à l'Université.

Découvrir de nouvelles matières, acquérir de nouveaux outils, s'adapter à un nouvel environnement et en appréhender les exigences : ce sont les enjeux de cette année de transition.

Orientation progressive

Dans les années qui suivent les bases théoriques et méthodologiques des ciences humaines et sociales sont approfondies avant de se spécialiser dans l'un ou l'autre master.

En 3e année du bachelier en Sociologie et Anthropologie, vous êtes amené à vous orienter vers une des 3 options suivantes (15 crédits) :

-     Sociologie
-     Anthropologie
-     Etudes en développement et coopération internationale

Quelle que soit l'option choisie, tous les masters de l'ISHS restent accessibles aux bacheliers en sociologie-anthropologie.

Si vous optez pour le bachelier en Sciences humaines et sociales, dès la 2e année vous devez effectuer un choix d'option parmi 5 disciplines distinctes :

-    Gestion des ressources humaines et sciences du travail
-    Sciences de la communication
-    Science politique
-    Criminologie
-    Sciences de l'éducation

Quelle que soit l'option choisie, le diplômé de bachelier en Sciences humaines et sociales a accès à tous les masters organisés par l'ISHS.

Après les bacheliers, vous êtes amené à vous spécialiser en vous inscrivant dans l'un des masters suivants :

-    Sociologie
-    Anthropologie
-    Sociologie et Anthropologie
-    Gestion des Ressources humaines
-    Sciences du travail
-    Développement et Coopération internationale2

La réorientation vers l'autre programme de bachelier est possible pendant ce 1er cycle.

Cette liberté de vous forger un parcours propre ne nuit pas pour autant à la cohérence de votre formation, qui est assurée par un tronc commun théorique et méthodologique conséquent.
Enfin, pour que ce parcours soit réfléchi et efficace, l'équipe des enseignants de l'Institut veille à vous informer et à vous accompagner dans chacun de vos choix.

Réorientation

En découvrant certaines matières, il peut arriver que vous souhaitiez vous diriger vers d'autres filières proches de vos études. Sans perdre une année, certaines options du bachelier en Sciences humaines et sociales vous le permettent. Ainsi, via ce choix d'options bien spécifiques mentionnées dans nos programmes, vous accédez également aux masters en :

-    Information et Communication
-    Sciences politiques
-    Criminologie
-    Sciences de l'éducation 

  ABC ISHS 10-11 - Objectifs 2

 (2) Le titre légal de ce Master est "Sciences de la Population et du Développement"


Prérequis

Matières

-    Excellente connaissance du français
-    Bonnes connaissances historiques
-    Une formation préalable en « sciences sociales » n'est pas indispensable.

Aptitudes

-    Goût pour la lecture
-    Curiosité intellectuelle
-    Aptitude au raisonnement, à la réflexion et à l'esprit critique
-    Capacité de lecture et de compréhension de textes d'intérêt général

[Retour au sommaire]

Contact(s) :

Vous pouvez également obtenir les présentations des études sous forme de brochures, il vous suffit pour cela de compléter le formulaire en ligne.



4 février 2013 - 17:32 - URL: http://www.ulg.ac.be/cms/c_45357/objectifs-et-particularites-des-formations-de-l-institut
© ULg