| Soleil | Tweeter |
Cette fiche a été rédigée avec la collaboration
du Pr Michel de la Brassinne, Service de Dermatologie, ULg-CHU
Sans soleil, pas de lumière sur terre, donc pas de vie ! Le soleil est indispensable à notre santé physique autant qu'à notre moral : non seulement il nous permet de fabriquer nos réserves en vitamines D (celles qui préservent notre capital osseux, notre tonus musculaire,...), mais il nous aide aussi à soigner certaines affections cutanées (comme le psoriasis). Quant au bronzage, nous n'en voyons souvent que le côté esthétique alors qu'il constitue une forme de protection naturelle contre les coups de soleil : les cellules qui fabriquent les pigments (les mélanocytes) sont activées pour fabriquer plus de mélanine qui est notre filtre solaire naturel. La couche cornée de l'épiderme s'épaissit et peut alors réfléchir une partie des rayons. Notre peau devient moins fragile, pour autant que nos expositions soient progressives et protégées. Enfin, avouons-le, une journée commencée sous le soleil booste souvent notre dynamisme et notre humeur; ce n'est pas pour rien que les cures de luminothérapie sont utilisées pour agir contre certains états dépressifs.
(Une spin-off de l'ULg a d'ailleurs créé la luminette à cette fin en 2006. Communiqué)
Pourtant, le soleil peut aussi nous causer des désagréments si nous en abusons, par exemple lorsque nous sacrifions excessivement à la mode du bronzage intensif ou si nous négligeons quelques précautions élémentaires... c'est en fait notre capital-soleil que nous diminuons ainsi, et c'est notre santé que nous hypothéquons parfois !
Préserver son « capital soleil »Tous les individus ne sont pas égaux devant le soleil ; les carnations claires sont bien sûr plus sensibles que les peaux mates des méditerranéens ou les peaux foncées des africains, mais ces dernières risquent aussi le coup de soleil même si cela se voit moins. En fonction de notre type de peau, le temps pendant lequel nous pouvons nous exposer sans crainte varie; mais ces données demeurent purement indicatives, car il faut également tenir compte d'autres facteurs, comme l'intensité de l'ensoleillement, le moment de l'exposition,... ![]() Les expositions répétées entraînent des effets cumulatifs (et irréversibles) à plus ou moins long terme et accélèrent notamment le vieillissement de la peau et les rides; sans se montrer alarmiste, il faut bien aussi évoquer les effets cancérigènes de la lumière solaire. Tout cela justifie pleinement que nous prenions les précautions nécessaires pour préserver notre « capital soleil ». L'importance de ce dernier varie d'un individu à l'autre; on ne peut le mesurer, mais on sait en revanche qu'il n'est pas renouvelable et correspond à la dose de rayonnement qu'un individu peut subir avant de développer une lésion prémaligne ou maligne. Les zones particulièrement exposées sont évidemment plus concernées, d'autant que l'on omet trop souvent de les protéger efficacement (chapeau, crème solaire, etc.); c'est le cas pour le visage, le cou, les oreilles, les mollets et... les crânes dégarnis ! Pas question de se priver de soleil, mais de consommer avec mesure ses précieux rayons et en se protégeant de leurs ardeurs. | Histoires d'UV
L'atmosphère se charge de les filtrer, mais elle n'arrête que les UVC (inférieurs à 270 nanomètres). Les UVA (entre 310 et 400 nanomètres) et UVB (entre 270 et 310) subissent une moindre filtration, surtout si la couche d'atmosphère et d'ozone est faible; le degré de rayonnement ultraviolet est alors fort élevé. Il en va de même en altitutde et lorsque le soleil est haut dans le ciel, l'exposition est d'ailleurs déconseillée durant les heures de la mi-journée (de 12h à 16h) lorsque le soleil est au zénith et une protection plus intense est nécessaire en haute altitude. Les effets sur la peau diffèrent en fonction du type d'UV.
On peut mettre en relation les types de peau et des temps "raisonnables" d'exposition, mais c'est bien entendu toujours à titre indicatif ! ![]() |
Pour eux aussi, le soleil doit rester un ami et une source de bien-être; ils doivent donc être particulièrement protégés. Les heures critiques seront proscrites et, le reste du temps, T-shirt, casquette, parasol sont indispensables. Les parties visibles doivent être abondamment enduites de produits à indice très élevé et le "tartinage" renouvelé régulièrement, surtout si nos petits s'adonnent à la baignade ou à des jeux au bord de l'eau où la réverbération est plus intense.
Le sable lui aussi rend la luminosité plus forte et des coups de soleil sont possibles sous le parasol, en raison de la réverbération sur le sable ! Les bébés de moins d'un an seront bien mieux à l'ombre en toutes circonstances : aucune partie de leur corps n'est encore prête à être exposée sans risques.
Lampes à bronzer | Et les autobronzants ?De nombreuses lignes de cosmétiques en proposent, nous permettant ainsi de conserver « bonne mine » même pendant les mois sombres d'hiver. Les résultats sont de plus en plus performants, tant concernant la couleur du bronzage (finies les tonalités franchement orange artificielles), les facilités d'application du produit (les formules « progressives » assurent un hâle uniforme) que pour l'hydratation de la peau. Et, de plus, ils sont sans danger car ils colorent seulement la couche cornée (cellules mortes) de l'épiderme en l'oxydant. Une solution intéressante, donc, pour celles et ceux qui aiment ensoleiller leur look. Attention : les autobronzants ne préservent pas des coups de soleil ...Ne pas toutefois confondre autobronzant et crème solaire protectrice ! Quant à la « pilule à bronzer », elle colore la peau grâce au carotène qu'elle contient, parfois en lui donnant une couleur très orange (notamment sur les paumes de mains) mais elle non plus ne la protège pas. |
Le point sur les crèmes solaires |
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| Une crème waterproof ? de préférence ! Même si vous boudez la baignade, la crème résistante à l'eau restera efficace malgré la transpiration. | |
| | Une bonne couche suffit ? non ! Renouvelez régulièrement la protection, particulièrement si vous transpirez, ou après la baignade (même si la crème est dite résistante à l'eau !!!), frottement sur la serviette de bain... On recommande de le faire au moins toutes les deux heures. |
| | Attention à la réverbération. Elle est très importante sur la neige, sur l'eau ou sur le sable : on peut avoir un coup de soleil sous un parasol par simple réverbération sur le sable ! |
| | La crème solaire permet-elle quand même le bronzage ? Elle filtre surtout les UVB mais seulement une partie des UVA, qui sont responsables du bronzage. |
| | Respecter les dates de péremption ? Oui, ainsi que les conditions de conservation ! Pour rester valable d'une année à l'autre, les crèmes doivent être conservées dans des conditions bien précises... impossibles à respecter dans nos foyers ! Les filtres chimiques qu'elles contiennent se dégradent rapidement à la lumière et surtout à la chaleur et perdent leur pouvoir protecteur... Mieus vaut donc les acheter en petites quantités, et les conserver à l'ombre, si possible dans le frigobox ! |
| | Des coups de soleil sans que ce dernier brille ? En effet ! Dès qu'on est à l'extérieur, on est exposé aux UV. Même couvert de vêtements, certaines zones restent à protéger, tout particulièrement le nez, les oreilles, les bras et les calvities... De plus, les conditions atmosphériques peuvent modifier la perception de la chaleur et du rayonnement solaire; ainsi, lorsqu'il y a du vent, on réalise moins que la peau souffre. |
Un coup de soleil quand même ? Une insolation ? |
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Ne nous voilons pas la face : le soleil peut aussi être participer au développement de cancers cutanés dont beaucoup sont guérissables s'ils sont dépistés rapidement. Certains symptômes peuvent éveiller notre attention et nous amener à consulter un spécialiste pour préciser diagnostic et traitement adéquat. Comme toujours, la prévention est le meilleur des traitements...