Le Congrès étudiant de 1865


Congrès des étudiants

Alors que l'Université se développe et que sa renommée s'étend, les étudiants liégeois décident de convier leurs condisciples européens à une grande réunion afin de discuter enseignement et politique. Finalement, 1.400 d'entre eux se rassemblent à Liège du 29 octobre au 1er novembre 1865 à l'occasion de ce qui constitue le premier Congrès International des Etudiants. Si l'on en croit les journaux de l'époque, et aussi les sources diplomatiques, pendant quelques jours, l'Europe ne parle que de ce Congrès; les jeunes orateurs rivalisant d'audace dans leurs propos.

Les étudiants avaient sollicité deivers orateurs, belges et français. Prudents, tous ont décliné l'invitation, notamment Victor Hugo, celui-ci marquant toutefois sa sympathie envers l'initiative. Du côté des orateurs étudiants, les noms les plus souvent évoqués sont ceux de Auguste Comte et Pierre-Joseph Prudhon, montrant ainsi assez clairement le caractère positiviste ou radical des prises de position des étudiants. L'ombre d'un autre personnage plane sur le Congrès, même s'il n'est pas physiquement présent: Auguste Blanqui, l'"éternel prisonnier", pourtant en exil à Bruxelles à ce moment.

La majorité des participants provient bien sûr de Belgique, à l'exception notable des louvanistes: l'université catholique interdit à ses étudiants de participer à ce Congrès qu'elle devine peu favorable aux thèses défendues par l'Eglise et les étudiants obtempèrent. Mais ce sont surtout les français qui défrayent la chronique. il faut dire qu'ils ont envoyé une délégation de jeunes blanquistes surveillés par la police de Napoléon III (plusieurs d'entre eux joueront d'ailleurs un rôle dans la Commune de Paris quatre ans plus tard!). Les chancelleries s'inquiètent, des rapports descendent vers Paris, le nonce apostolique adresse les siens au Vatican. Et la France ferme sa frontière pendant huit jours aux journaux belges qui rendent compte des délibérations du Congrès. Le retentissement fut énorme en Europe. Pour la première fois sans doute, la jeunesse affirmait publiquement ses idées et s'immiscait avec fracas dans le débat politique.

 

 

Version imprimable Page mise à jour le 2009-01-27