RA2013 : Nicolas Lemoine

Allocution de Nicolas Lemoine, représentant des étudiants, à l’occasion de la séance de rentrée académique du 25 septembre 2013

Discours de Rentrée Académique 2013-2014

Depuis nos cahiers d’écolier, sur notre pupitre, nous écrivons, un peu plus chaque jour, notre liberté. Celle de nous exprimer, de nous construire, de créer et, par-là, celle d’être acteurs de notre monde.

B128Notre institution, un service public, possède au-delà de ses missions d’enseignement et de recherche un objet, une responsabilité particulière. J’aimerais la questionner avec vous aujourd’hui, à partir de l’assertion selon laquelle notre enseignement s’est démocratisé.

Dans le langage courant, cette idée se limite généralement à décrire la massification de l’enseignement supérieur.  Entamée depuis plusieurs décennies, elle a effectivement permis à une plus large frange de la population d’avoir la chance d’accéder à l’exercice de l’un de ses droits les plus fondamentaux : le droit à l’éducation.

Cette évolution positive n’a pas pour autant - à ce jour du moins- mis fin aux inégalités d’accès à la formation, à l’université en particulier. Il importe donc toujours aujourd’hui que nous défendions activement une université accessible, assurant l’égalité des chances.
Mais la démocratisation de notre enseignement supérieur ne peut être, en aucun cas, évaluée sur la seule dimension du nombre d’étudiants qui peuvent en bénéficier.

L’université a un objet social, une mission de service à la communauté. Et la démocratiser, c’est aussi aller dans le sens de la réalisation de cet objet.
Allons alors vers cette université, celle de demain. Une université mieux ancrée dans son environnement social, plus ouverte, responsable, plurielle et travaillant activement contre les inégalités d’accès à la formation.
Ce processus, déjà en partie entamé, nécessite une attention de tous les instants, une réflexion sur les objectifs et sur la démarche générale de l’institution. Au présent comme au passé.
Et  tous sont concernés, tous les corps ici réunis.

Cette démarche réflexive et émancipatoire nécessite des moyens humains et financiers. Ces moyens, l’université en a aujourd'hui besoin pour pouvoir réaliser les ambitions que l’on est en droit de lui donner.

A059Notre université doit donc s’inscrire dans son contexte.
Ce contexte, en Communauté Française, dont le paysage tenterait un pas vers la pacification, reste caractérisé par une logique toute particulière, une logique concurrentielle interuniversitaire.
Ma question sera ici la suivante : cette logique concurrentielle permet-elle de consacrer les moyens nécessaires à une réflexion globale sur l’institution, d’autant plus nécessaire dans un contexte de crise ?
Ou,  plutôt,  mobilise-t-elle des moyens pourtant si précieux ?
Nous sommes réunis ici autour de la liberté d’expression, et pratiquer cette liberté dans notre démarche nécessite aussi de sortir du cadre. Penser hors de la boite, hors de l’enveloppe.

Quelle université voulons-nous? Qui participera à la construire ? La liberté d’expression, c’est aussi  le droit de se faire entendre.

Les étudiants ont, au fil des années, su gagner une place au sein des organes décisionnels de notre université. Ils ont aussi développé leurs structures propres pour soutenir, motiver, inspirer mais aussi catalyser les réflexions qui nous animent.

Cette année, plusieurs élections animeront notre paysage politique, et même académique ! Les étudiants devront alors savoir faire entendre leur voix, et gagner une audience plus large encore.
La réflexion étudiante est aussi pratique, c’est celle d’une expertise d’usage sur des thématiques qui nous touchent au quotidien. Cette connaissance particulière permet aux étudiants d’adopter des points de vue différents, de construire une réflexion en dehors du cadre établi.
D’Innover.

Le point de vue étudiant est donc particulier, unique, et fort heureusement, non homogène. Nous en sommes convaincus, il est pertinent et nous défendons au quotidien sa validité.
Les représentants étudiants travaillent à rendre audible ce qui fait sens en notre sein et à l’exprimer.

Je m’en voudrais de terminer ce discours sans saluer les docteurs honoris causa que nous avons l’honneur d’accueillir cette année, représentants parmi nous du pouvoir des mots, de la richesse nos expressions multiples, en d’autres termes, de l’une des plus belles de toutes nos libertés.

>>> Voir la vidéoUlgTV-Logodu discours de Nicolas Lemoine : RA2013-Youtube-Lemoine

Photos © ULg - Michel Houet 2013









Version imprimable Page mise à jour le 2013-10-07