Rentrée académique 2007-2008: Allocution de Monsieur Cédric Rosewick, Président de la Fédération des Etudiants

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Dans un contexte de profondes et perpétuelles évolutions de l’environnement international, l’Université est amenée à faire face à de nombreux défis. Bologne constitue une première étape qui nous oblige à  rompre notre isolement avec les autres pays européens et au-delà.

Le fait d’inviter ce jour des écrivains du monde dans notre Université est une preuve de plus de la volonté des autorités d’engager de façon volontariste l’institution dans son ouverture sur le monde. Les opportunités qui s’offrent à nous sont nombreuses : attirer davantage d’étudiants étrangers, participer à des réseaux de recherche interuniversitaires internationaux, inviter des professeurs originaires d’autres pays, envoyer les étudiants en séjour à l’étranger.

Le système d’échange « Erasmus » viens de fêter ses 20 ans et il connaît un succès croissant.

Pourtant, il reste encore bien des points à améliorer. On attend aujourd’hui de l’étudiant une certaine volonté de mobilité. En mettant en place et en élargissant de manière significative le programme Erasmus, on a intégré dans la logique des études plus qu’une possibilité :

une nouvelle norme.

Il est désormais conseillé, et perçu comme avantageux, de partir six mois voire un an.

Il s’agit pour l’étudiant de pouvoir apprendre ailleurs quelque chose qu’il ne pourrait pas faire s’il était resté à l’ULg. Ne serait-ce que via la découverte d’une culture qui lui est jusque là inconnue.

En plus d’être un avantage pour son cursus, le programme Erasmus constitue également un réel enrichissement culturel et humaniste pour l’universitaire, citoyen de ce monde.

Bien que le souhait de la Fédération des étudiants soit effectivement d’arriver le plus rapidement possible à un nombre d’échanges maximaux, rendre ce programme obligatoire, sans veiller à corriger les disparités des filières d’études, et des conditions sociales et familiales, n’est qu’un leurre.
Il existe certes des bourses, un fonds d’aide à la mobilité créé par Madame la Ministre, mais ces mesures, bien qu’encourageantes, ne sont pas assez importantes pour financer un  programme d’échange pour des étudiants provenant de milieux défavorisés.

Le danger d’un Erasmus à deux vitesses est bien réel : d’une part, les étudiants aisés issus de facultés très appréciées sur le marché de l’emploi qui boosteront leur cursus par un Erasmus prestigieux et coûteux dans les meilleures universités européennes. Et, d’autre part, les étudiants de condition modeste réalisant des études à débouchés plus incertains se contenteront d’universités de secondes zones.

Ce spectre d’un enseignement à deux vitesses a toujours été combattu par la Fédé et risque de se poindre là, derrière un discours lénifiant sur les opportunités des programmes Erasmus.

Ainsi, certaines Universités octroient des financements complémentaires via un réseau de fondations. Cette mesure, bien qu’intéressante pour les étudiants, risque de créer des déséquilibres et accroître la compétition entre les universités en Communauté française. C’est pourquoi, il faut absolument parler d’un fonds financé par celle-ci.

Bien sûr qui dit fonds de financement dit budget. Il faut pourtant savoir ce que nous voulons : soit rester sur nos acquis et être à la traîne par rapport aux autres pays (l’Université du XXIe siècle ne nous attendra pas), ou bien combler le manque de techniciens, enseignants et chercheurs compétents. Tout en sachant que cette compétence passe par la mobilité des étudiants qui a certes un coût mais n’oublions pas que les retombées bénéfiques de cette mobilité profiteront à l’ensemble de la communauté.

D’autre part, la participation à un échange doit être ressentie par l’étudiant comme un acte personnel d’implication qui lui apporte plus dans son cursus et qui est en plus récompensé, et non comme une contrainte pour obtenir son diplôme.
Manier le bâton en rendant obligatoire ce programme sera moins fructueux qu’une volonté pleine et personnelle de s’y investir.

A défaut de passer un an en Espagne pour s’enrichir culturellement et humainement, il reste à l’étudiant Erasmus quatre  ans à étudier dans notre belle institution universitaire. Mais à quelles conditions ?

Souvenons-nous : dans les années soixante, le recteur Dubuisson souhaitait créer un campus à l’américaine, dans un environnement isolé du centre-ville.
La politique de l’époque était de se dire que l’avenir était à la voiture individuelle. En 2007, la massification de l’enseignement et l’engorgement matinal par les voitures des étudiants rendent désormais la situation intenable.

Pour ceux qui ne possèdent pas leur propre moyen de locomotion, ils doivent rejoindre les facultés en bus. Pour ces étudiants, une navette plus propre et plus performante se fait toujours attendre.

Ce problème est pour nous très important. La mobilité vers le campus va aussi de pair avec l’actuel éclatement entre facultés sur les hauteurs du Sart-Tilman. Il est en tout cas triste de constater qu’à l’ULg, en 5 années d’études, il est possible qu’un ingénieur ne sache toujours pas à quoi ressemble un vétérinaire.

A ce propos, la Fédé tente de remédier à cette problématique. Et pour ce faire, elle organise cette année deux nouveaux événements sur le campus. A savoir : les jeux intercercles qui sont une activité sportive à destination des différents mouvements étudiants, et l’Unifestival qui est un festival musical et théâtral réunissant l’ensemble des cercles étudiants en un seul et même endroit.

Plus largement, la mobilité sur les campus en Communauté française n’est pas au plus haut niveau c’est le moins que l’on puisse dire.

Alors devons-nous envier nos homologues néerlandophones dont l’abonnement de bus est gracieusement offert par leur région ? Certes, en Wallonie, pour des raisons budgétaires dues à la clientèle fortement composée d’étudiants, les Pouvoirs Publics rechignent à nous accorder le même avantage.
Une fois de plus, il faudrait savoir ce que nous voulons pour notre avenir.

A savoir : un enseignement de qualité avec ce qui s’y rapporte et notamment un maximum de facilités d’accès.

Ceci, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, est un appel à la discussion lancé par les étudiants de l’Université de Liège à l’ensemble des autorités compétentes en la matière.

Nous espérons que ces mots ne resteront pas lettre morte mais qu’à l’instar de l’année passée, où à l’occasion du discours sur la place des femmes à l’université mes prédécesseurs constataient que malheureusement trop peu de femmes étaient présentes au sein du conseil étudiant, le défi sera relevé.

En effet, à l’heure actuelle, le Conseil d’Administration de la Fédé est composé à moitié de jeunes femmes.

Je reste convaincu qu’avec votre aide, nous relèverons le défi de la mobilité étudiante de qualité et accessible à tous !

 

Photo: ULg-TILT Houet

 

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Université de Liège
Septembre 2007- Cellule Internet

Print version Page updated on 27/01/2009