| Rentrée académique 2007-2008: Allocution de Monsieur Hervé Degée, représentant des scientifiques | Tweeter |

Mesdames et messieurs en vos titres et qualités,
Je voudrais avant tout remercier Monsieur le Recteur pour avoir à nouveau invité le personnel scientifique à prendre la parole à l'occasion de cette séance de rentrée académique. Nous espérons que cette invitation à laquelle nous avons très volontiers répondu pour la deuxième année consécutive devienne une bonne habitude et qu'elle se perpétue dans les années à venir.
Au cours de cette intervention, j'aimerais partager avec vous quelques réflexions sur la manière dont les thématiques de cette journée peuvent trouver une résonance pour l'ensemble des chercheurs de l'institution.
Et puisqu'il est question de littérature, un mot tout d'abord sur la place de l'écrit dans le travail du chercheur. On ne peut évidemment pas comparer la littérature scientifique à l'œuvre d'écrivains tels que ceux que notre université honore aujourd'hui. Mais on ne peut pas non plus nier que, malgré les évolutions technologiques, le mode de transmission fondamental des connaissances élaborées par les chercheurs reste l'écrit. Il n'est à ce sujet qu'à voir à quel point l'évaluation du travail des scientifiques passe actuellement par un examen inévitable des documents écrits que ceux-ci produisent.
La course à la publication est, heureusement ou malheureusement – et je laisserai chacun libre de son opinion sur le sujet – devenue une réalité incontournable du paysage scientifique international. Dans ce cadre, si la pratique du peer-reviewing est généralement un gage de qualité des textes édités, d'un autre côté, la multiplication des périodiques et les pratiques commerciales de certains éditeurs conduisent à des situations quelquefois particulièrement malsaines.
On peut raisonnablement espérer que le développement de l'édition électronique et la pratique de l'open access puissent mettre un frein à certaines des dérives actuellement observées, mais cela, seul l'avenir nous le confirmera.
D'autre part, à côté des publications scientifiques proprement dites, on n'insistera jamais assez sur la nécessité de la vulgarisation. Le chercheur isolé dans sa tour a vécu, et la vulgarisation est certainement le seul moyen de déclencher dans le grand public un intérêt pour la recherche scientifique. A ce sujet, je voudrais profiter de l'occasion qui m'est donnée pour promouvoir le nouveau site internet "REFLEXIONS", en ligne depuis la semaine dernière et dont l'objectif est précisément une vulgarisation efficace avec des moyens modernes. Souhaitons-lui ici bon vent et plein succès dans sa rencontre des chercheurs de l'institution et surtout dans sa rencontre du grand public.
Le second thème que je voudrais aborder à présent est l'ouverture sur le monde intrinsèquement contenue dans le concept d'université, et parfaitement symbolisée aujourd'hui par la présence d'invités venu des quatre coins de la planète, pour reprendre une expression géographiquement surréaliste, mais tellement parlante.
Il est évident que l'espace européen de la recherche dont on nous parle régulièrement doit devenir une réalité. En ce sens, l'invitation, pour ne pas dire l'incitation au voyage que nos autorités encouragent notamment via un soutien financier à la mobilité, soutien dont j'ai d'ailleurs personnellement pu bénéficier au cours de l'année académique passée, prend évidemment tout son sens, et il sera bienvenu que cette aide financière puisse se maintenir. Et évidemment, il est aussi nécessaire que le chercheur liégeois cherche à surmonter un esprit casanier bien ancré dans les habitudes locales, mais qui est fort heureusement en train d'évoluer.
Une fois passée l'étape du "Et si je me mettais en route…", le reste devient rapidement une accumulation d'expériences toutes plus enrichissantes les unes que les autres, pour autant bien sûr que cette expérience étrangère ne se limite pas à camper dans un labo et à tenter d'y interagir dans un obscur anglais de cuisine. Ces expériences ne peuvent prendre leur sens réel que via l'apprentissage d'une langue, d'une culture, d'une histoire différente. En effet dans le cas contraire, l'échange de quelques mails ou une bonne vidéo-conférence sont tout aussi efficaces.
J'ai parlé tout à l'heure de l'espace européen de la recherche, mais aussi pourquoi se limiter à cette échelle? Il est en effet tout aussi indispensable de faire fonctionner correctement les interactions entre chercheurs au niveau de l'académie Wallonie – Europe et de la Communauté Française, ce que le personnel scientifique liégeois soutient particulièrement via sa participation au CorSciF (Corps Scientifique Francophone), ou encore via le Réseau des Doctorants tout récemment créé. Il est enfin également important de ne pas négliger le niveau extra-européen ni, et c'est tout particulièrement d'actualité ces dernières semaines, le niveau belge inter-communautaire.
Pour conclure cette intervention, je voudrais maintenant tout simplement formuler le vœu que cette nouvelle année académique puisse voir notre université jouer pleinement son rôle d'acteur scientifique, mais aussi, pour plagier le slogan d'une célèbre chaîne de librairies, d'agitateur culturel.
Et j'entends par là à la fois la notion de "culture" dans son sens restreint, en mettant en avant comme aujourd'hui la littérature, ou à d'autres occasions d'autres formes d'art, mais surtout la notion de "culture" dans son sens le plus large, en entretenant un brassage linguistique, politique ou encore philosophique bien nécessaire de nos jours.
Au nom du personnel scientifique, je vous souhaite à toutes et à tous une très fructueuse année académique.
Photo: ULg-TILT Houet
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Université de Liège
Septembre 2007- Cellule Internet