Prise en charge de l’obésité et du surpoids
25/01/2013
Au
terme de l’enquête « Mon avis a du poids », lancée en mai 2012 auprès
des personnes en surpoids ou obèses, ainsi que d’autres enquêtes et
études menées dans le cadre du programme européen de santé publique
EDUDORA² (pour EDUcation thérapeutique et préventive face au Diabète et à
l’Obésité à Risque chez l’Adulte et l’Adolescent), les spécialistes de
l’ULg et du CHU de Liège établissent quelques constats et formulent des
recommandations aux pouvoirs publics.
Les résultats de ces
différentes enquêtes, tant auprès du public concerné que du corps
médical, seront présentés à Liège le jeudi 31 janvier 2013 lors du
colloque de clôture du programme EDUDORA², associant également d’autres
partenaires wallons, lorrains et luxembourgeois dans le cadre du projet
européen transfrontalier Grande Région INTERREG-IVA.
Les spécialistes universitaires remarquent :
« Après avoir donné la parole aux publics directement concernés, nous pouvons confirmer la nécessité de revoir en profondeur l’organisation de nos systèmes de prise en charge de ces patients
autour des quatre piliers : organisation du système de soins,
circulation des informations sanitaires, financement de la prise en
charge et formation des acteurs », notent les auteurs de l’enquête, les professeurs Michèle Guillaume et André Scheen.
Les auteurs insistent : « La prise en charge des patients en excès de poids doit être adaptée à leur situation spécifique, individuelle. L’éducation thérapeutique du patient va dans ce sens car elle replace la personne au centre du processus de soin. »
Il
semble que la première étape du processus consiste à en parler. Aussi,
au terme du projet EDUDORA², les promoteurs lancent une campagne de
sensibilisation vers le public concerné (via les médias télévisés,
radiophoniques et papiers) : « Obésité : ôtez-vous un poids. Votre médecin peut être à l’écoute, vos proches aussi ».
Lancée en mai 2012, l’enquête « Mon avis a du poids » a rencontré un succès au-delà des espérances de ses promoteurs. En effet, 4155 personnes ont répondu au questionnaire en ligne. Pour la première fois, une enquête donnait directement la parole aux personnes obèses ou en surpoids, invitées à faire part de leurs représentations, valeurs, besoins et attentes. La spécificité et l’originalité de cette enquête étaient de replacer la personne au centre du questionnement, car ce n’était pas la "maladie" qui intéressait les enquêteurs, mais bien la "personne". A la connaissance des promoteurs, il s’agit là de la plus grande enquête de ce type réalisée dans le domaine avec cette approche originale. Quelques résultats préliminaires intéressants sont déjà détaillés ci-dessous. Une analyse plus approfondie des nombreuses données récoltées est en cours.
La
population majoritairement féminine (69%) est âgée en moyenne de 46
ans. 55% des répondants présentent une obésité (IMC ≥ 30 kg/m²), 32%
sont en surpoids (IMC entre 25 et 29,9 kg/m²) et 13% ont un indice de
masse corporelle normal (IMC entre 18,5 et 24,9 kg/m²).
60% de la
population interrogée est professionnellement active. Concernant le
niveau de diplôme, plus de la moitié (56%) ont un diplôme d’études
supérieures universitaires ou non universitaires, 37% ont un diplôme
d’études secondaires et 7% ont leur CEB ou pas de diplôme. En termes de
revenus, plus de 40% des répondants estiment subvenir difficilement aux
dépenses de leur ménage.
Parmi les répondants, 88% se déclarent en excès de poids. Cet excès de poids est un problème important pour 89% d’entre eux.
73%
de la population pensent que le surpoids et l’obésité sont à l’origine
de risques pour la santé. Les 3 problèmes les plus souvent cités par les
répondants sont : les risques cardiovasculaires et pulmonaires, les
difficultés liées à la mobilité et le diabète.
En ce qui concerne
la prise en charge, les régimes semblent, de façon générale, perçus
négativement par les personnes en excès de poids. Par ailleurs, les
personnes obèses associent plus souvent le régime à une prise de poids, à
la frustration et l’impossibilité de le tenir. Ces personnes ont par
ailleurs tendance à associer à leur prise de poids des causes sur
lesquelles elles n’ont pas d’emprise. Par exemple : la fatalité,
l’hérédité et un événement traumatique.
Parallèlement
à l’enquête « Mon avis a du poids », les responsables du projet
EDUDORA² en Wallonie ont également sondé par téléphone (questions
ouvertes) 201 médecins généralistes des provinces de Liège (francophones
et germanophones) et de Luxembourg.
Les trois obstacles majeurs
cités par les médecins généralistes dans la prise en charge des patients
en excès de poids sont : motiver, conscientiser et changer les
habitudes des patients.
En ce qui concerne les caractéristiques
prédictives (inhérentes aux patients) du succès de cette prise en
charge, ils citent en premier lieu : l’environnement, la conscience des
co-morbidités et la motivation des patients.
En outre, les
médecins soulignent la difficulté et le découragement liés à la prise
en charge des patients en excès de poids, l’importance de la
collaboration avec d’autres professionnels de santé et l’importance
d’agir sur le plan éducationnel.
A partir de 9h00 au Château de Colonster, Domaine universitaire du Sart Tilman, Allée des Erables, 4000 Liège.
Programme consultable sur le site www.edudora2.eu.
Le colloque réunit 150 médecins et professionnels de la santé,
professeurs et chercheurs universitaires, représentants des associations
de patients atteints du diabète et d’obésité, ainsi que les
responsables wallons, lorrains et luxembourgeois du projet EDUDORA². La
participation au colloque est gratuite.
La presse est cordialement invitée (les responsables du projet EDUDORA² seront à la disposition des journalistes pendant le lunch à 13h30).
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