Communiqué de presse

Sexe et neuro-oestrogènes : une valse à deux temps

14/01/2013

Les chercheurs de l’ULg publient dans Journal of Neuroscience et Psychoneuroendocrinology

Le Laboratoire de Neuroendocrinologie du Comportement du Pr Jacques Balthazart, au GIGA-Neurosciences de l’ULg, étudie depuis plusieurs années déjà, sur des modèles animaux, le rôle et les effets de l’œstradiol dans la différenciation sexuelle et l’activation du comportement sexuel. Dans un article publié cette semaine dans la prestigieuse revue Journal of Neuroscience, Aurore Seredynski, doctorante du laboratoire de l’ULg, sous la direction de Charlotte Cornil (Chercheur Qualifié FNRS) et Gregory F. Ball de la Johns Hopkins University (Baltimore, Maryland, USA), montrent que l’œstradiol stimule très rapidement (quelques minutes à peine) la motivation sexuelle du mâle sans affecter ses performances sexuelles.
 
Parallèlement à ces travaux, Charlotte Cornil, Catherine de Bournonville, doctorante dans le même laboratoire de l’ULg, et leurs collègues publient dans la revue Psychoneuroendocrinology (sous presse) d’autres résultats qui démontrent que la synthèse cérébrale d’œstradiol chez le mâle est rapidement modulée par la présence de la femelle.

 

CornilCharlotte SeredynskiAurore DeBournonvilleCatherine
Charlotte Cornil Aurore Seredynski Catherine de Bournonville

 
Les œstrogènes, comme l’œstradiol, sont une catégorie d’hormones sexuelles souvent appelées hormones femelles parce qu’elles sont principalement sécrétées par l’ovaire. Ces hormones sont également sécrétées dans le cerveau mâle par aromatisation de la testostérone où elles jouent un rôle clé pour l’activation et l’organisation de différents comportements sociaux, comme le comportement sexuel.
 
Ces deux études complémentaires présentent les modes d’action et les fonctions de l’œstradiol sous un jour nouveau. Elles démontrent, en effet, que l’œstradiol est capable d’une action très rapide, à la manière d’un neurotransmetteur ou d’un neuromodulateur alors que, longtemps, on a considéré les œstrogènes comme des messagers chimiques qui exerçaient uniquement une action à long terme sur la physiologie et le comportement sexuel, assurant par exemple la synchronisation de la reproduction avec les saisons. La régulation à court terme dépend, elle, davantage de l’action de neurotransmetteurs, et c’est précisément ce rôle complémentaire de neurotransmetteur de l’œstradiol que révèlent et précisent ces deux études de l’ULg.
 
Les nouvelles données publiées par le Laboratoire de Neuroendocrinologie du Comportement de l’ULg démontrent que les œstrogènes produits par le cerveau en réponse à des stimuli sociaux régulent le comportement de façon beaucoup plus rapide que ce que l’on pensait jusqu’à présent et ce, via un mécanisme similaire à celui d’un neurotransmetteur.
 
En outre, ces résultats suggèrent que la coopération des deux modes d’action des oestrogènes sur ces deux aspects du comportement (motivation vs performance) dans deux domaines temporels différents (court-terme vs long-terme) permet une coordination fine de la reproduction au sens large. Ainsi, leur action à long-terme assure que les circuits nerveux qui contrôlent ce comportement soient prêts à activer le comportement en réponse à des stimuli adéquats durant la saison appropriée pour élever des jeunes. La régulation à court terme détermine quant à elle si l’animal s’engagera ou pas dans ce comportement (motivation sexuelle) afin d’assurer une parfaite coordination avec le contexte social (présence d’un partenaire) ou environnemental (absence d’un prédateur).
 
En conclusion, ces travaux montrent que l’expression d’un comportement complexe comme le comportement sexuel est contrôlée en deux temps par des actions complémentaires d’une seule et même hormone, l’œstradiol.

Références

Neuroestrogens Rapidly Regulate Sexual Motivation But Not Performance, The Journal of Neuroscience, January 2, 2013 • 33(1):164 –174
Aurore L. Seredynski 1,  Jacques Balthazart 1, Virginie J. Christophe 1, Gregory F. Ball 2, Charlotte A. Cornil 1
1 Groupe Interdisciplinaire de Génoprotéomique Appliquée (GIGA) Neurosciences, Research Group in Behavioral Neuroendocrinology, University of Liège
2 Department of Psychological and Brain Sciences, Johns Hopkins University, Krieger School of Arts and Sciences, Baltimore
 
Dynamic changes in brain aromatase activity following sexual interactions in males : Where, when and why ?, Psychoneuroendocrinology (2012 – à paraître, doi: 10.1016/j.psyneuen.2012.09.001)
Catherine de Bournonville a, Molly J. Dickens a, Gregory F. Ball b, Jacques Balthazart a, Charlotte A. Cornil a
a GIGA Neurosciences, Research Group in Behavioral Neuroendocrinology, University of Liège
b Department of Psychological and Brain Sciences, Johns Hopkins University, Baltimore, MD, USA

Illustration

Oestradiol© Charlotte Cornil – ULg

Plus d’infos ?

Sur les travaux menés au sein du Laboratoire de Neuroendocrinologie du Comportement du Pr Jacques Balthazart, au GIGA-Neurosciences de l’ULg : lire sur Reflexions, magazine web de vulgarisation scientifique de l’Université de Liège.

Contact :

Dr Charlotte Cornil,
Chercheur Qualifié FNRS, Laboratoire de Neuroendocrinologie du Comportement / GIGA-Neurosciences / Université de Liège -
+32 (0)4 366 59 66 – charlotte.cornil@ulg.ac.be

ULg Presse – Communication - +32 (0)4 366 52 17-52 11 – press@ulg.ac.be

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