Discours de Yaël Nazé, représentante du personnel scientifique

L’espace, source d’inspiration

YNaze1 RA 2012Quand on dit spatial, on pense recherche scientifique et avancées technologiques. Ce secteur spatial-là est loin d’être désincarné. Ce sont les ouvriers et les ingénieurs qui conçoivent et construisent les satellites et les sondes d’exploration ; ce sont les chercheurs qui analysent les lueurs célestes pour percer les mystères de l’Univers... mais c’est aussi tout-un-chacun qui utilise un GPS ou regarde le bulletin météo. Oui, l’espace est appliqué et pratique, un condensé de savoirs de pointe, logiquement mis à l’honneur lors de cette cérémonie.

Mais l’espace, c’est aussi une source d’inspiration, et non des moindres. Faisons une pause. Fermez les yeux. Imaginez un beau soir d’été, les grillons qui chantent, et vous, étendu sur l’herbe ou le sable. Au-dessus de vous, un spectacle à couper le souffle... la voûte céleste. Qui n’a jamais ressenti une émotion intense lui parcourir les veines et l’esprit, à la vue de ce ciel étoilé ? Qui ne s’est jamais senti aspiré vers ces soleils lointains, envoûté par ces lumières brillant de mille feux ?

A part quelques esprits chagrins, tout le monde a vécu cela ! L’émotion dépasse souvent la simple contemplation, pour nous inspirer véritablement.

L’espace est évidemment une inspiration scientifique. Sans ce ciel au-dessus de nos têtes, une bonne partie des mathématiques et de la physique n’aurait pas été inventée. Le calcul intégral n’aurait pas vu le jour sans le besoin de comprendre et prédire la course des planètes – ce que l’on appelle savamment « mécanique céleste »... rien que le nom semble une invitation au voyage ! (bon, c’est vrai, dans la pratique, il y a toutefois quelques petites équations qui pourraient effrayer quelque peu, mais ne vous inquiétez pas, ces monstres sont apprivoisés)

Ce n’est pas tout. L’espace sert aussi d’inspiration au dépassement de soi. Forcément, il n’y a plus de mer inexplorée, de continent inconnu sur notre bonne vieille planète. Pour assouvir notre soif d’aventure, il ne nous reste que les quelques petits milliards d’années-lumière de l’espace intersidéral. Une petite aire de jeux, quoi... Bon, jusqu’ici, on est resté dans le quartier : banlieue terrestre pour les hommes et les femmes, banlieue solaire pour nos robots. Mais quelle aventure, quand même: on vibre toujours aux exploits des astronautes, cosmonautes, spationautes et autres taikonautes... et même les petites sondes ne nous laissent pas de glace. Il y a sept ans, c’est avec 500 élèves de primaire que nous suivions ici les exploits de la sonde Huygens, lors de son atterrissage sur Titan... et souvenez-vous, cet été, de Curiosity et ses sept minutes de terreur – tout le monde avait les yeux rivés sur Mars pour suivre le valeureux rover ! On attend la suite avec impatience !

Et puis, il y a l’inspiration artistique. Le premier contact avec le ciel se fait rarement via des équations, si j’avais fait cela, vous auriez déjà tous fui ! Outre le ciel étoilé de notre jeunesse, il y a ces superbes images des télescopes spatiaux ou des sondes exploratrices. De la beauté à l’état pur, qui inspire les artistes... mais aussi le simple quidam, qui s’évade le temps d’un instant.

Pour terminer, n’oublions pas l’inspiration philosophique. L’espace, en effet, touche à toutes nos interrogations fondamentales. Où sommes-nous, quel est notre destin, quelles sont nos origines, et... sommes-nous seuls ? Alors, en vrac, spécialement pour cette séance de rentrée, voici les réponses : nous sommes sur Terre, nos atomes proviennent d’autres soleils, d’autres terres et d’autres êtres, et ils formeront dans le futur d’autres choses encore... et nous ne sommes pas seuls : l’espace est avec nous et en nous. Bon voyage !

Version imprimable Page mise à jour le 2012-09-28