| Jean-Jacques DORDAIN | Tweeter |
Jean-Jacques Dordain, né à Lille le 14 avril 1946, est le Directeur Général de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) depuis 2003.
Diplômé Ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris en 1969, il commence sa carrière scientifique en 1970 dans le domaine de la propulsion et des lanceurs à l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales (ONERA) en France. De 1976 à 1983, il est coordinateur des activités spatiales à l’ONERA, et, en 1983, y devient directeur de la Physique Fondamentale.
Dès son entrée à l'ESA en mai 1986, il est nommé Directeur du nouveau département pour la promotion et l’utilisation de la station spatiale. Il est ensuite appelé à la tête du département pour l’utilisation de Columbus et de la microgravité. En 1993, il devient Directeur Associé pour la stratégie, la planification et la politique internationale. En mai 1999, il est appelé à la tête de la Direction de la stratégie et de l'évaluation technique, qui venait d'être créée pour être ensuite nommé à la direction des lanceurs en 2001. Depuis 2003, il occupe les fonctions de Directeur Général de l’ESA, poste qu’il occupera jusqu’en juin 2015.
Durant sa carrière, il a enseigné dans plusieurs institutions prestigieuses. C’est ainsi qu’il est Professeur de mécanique des fluides de 1972 à 1982 à l’Ecole Centrale de Paris, Professeur de propulsion des lanceurs de 1972 à 1978 à l’Ecole Nationale de l’Aéronautique et de l’Espace (SUPAERO), Professeur en dynamique des gaz de 1980 à 1992 à l’Ecole Nationale Supérieure des Techniques Avancées (ENSTA), Professeur Associé de mécanique de 1976 à 1992 à l’Ecole Polytechnique et, depuis 2003, maître de conférences à l’Université de Rome La Sapienza.
Jean-Jacques Dordain a dédié toute sa carrière à la conquête spatiale dont il est un acteur majeur mais aussi un témoin privilégié : il rentre en sixième le premier octobre 1957, trois jours avant le lancement de Spoutnik, et il obtient son diplôme d’ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris le 20 Juillet 1969, date du premier pas de l’homme sur la lune. Sa passion pour l’espace le conduit en 1977 à faire partie des 5 premiers astronautes sélectionnés par l’Agence Spatiale Française (CNES) pour le programme Spacelab-1.
Durant sa carrière à l’ONERA, il apporte une contribution toute personnelle au développement des premières fusées françaises et européennes. Il est notamment responsable de la suppression des instabilités dynamiques du lanceur Europa II de l’ELDO, le précurseur de l’ESA et du programme Ariane. Sa contribution dans ce domaine dépasse largement le cadre des frontières de l’Europe puisqu’il contribue à la suppression de ces mêmes instabilités pour la navette spatiale américaine. Il apportera aussi sa contribution aux problèmes de combustion mis en évidence lors du deuxième vol d’Ariane 1. Plus tard, il présidera la commission d’investigation de l’échec du vol 157 d’Ariane 5. Outre ses fonctions managériales à l’ONERA, il s’implique aussi dans le développement de différentes expériences spatiales dont un spectromètre qui a volé à bord de la première mission Spacelab.
Dans le cadre de ses fonctions à l’ESA, Jean-Jacques Dordain, non seulement assiste à un nombre maximum de lancements de satellites, mais est surtout l’instigateur de plusieurs étapes importantes pour l’Europe spatiale. Il a dû aussi relever de nombreux défis. Dès son arrivée à la tête de l’ESA, il signe le premier accord-cadre entre la Communauté Européenne et l’ESA, tout en n’épargnant pas ses efforts pour que l’ESA reste une agence spatiale la plus autonome possible. Les deux programmes phares de l’Union Européenne, GMES (surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité) et Galileo (GPS européen), sont des exemples concrets de cette collaboration. En parallèle à l’arrivée de pays émergents tels que la Chine et l’Inde, il a su profiter de l’agrandissement de l’Europe pour maintenir la position forte de l’ESA au niveau international avec notamment le succès d’Ariane 5, le ravitailleur ATV et le module Columbus de la station spatiale internationale. Il est le moteur de la collaboration avec la Russie et, plus particulièrement, de l’installation de la base de lancement du Soyuz depuis Kourou. A une période où la NASA éprouve de sévères difficultés, il est le garant de l’autonomie de l’Europe pour ce qui concerne les technologies spatiales clés. Finalement, il est le premier Directeur de l’ESA à se voir offrir deux reconductions de son mandat, et à nommer des femmes à des postes de direction.
Ses différentes réussites se sont vues récompensées par plusieurs distinctions et prix avec, entre autres, la médaille d’argent du CNES (1975), le titre de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur (2002), le titre d’Officier dans l’Ordre National du Mérite (2004), le Grand Prix de l'Association Aéronautique et Astronautique de France (2004), le titre Order of Friendship de la Russie (2007), le titre Grande Ufficiale de l’Ordre du Mérite de la République Italienne (2009), le titre Verdienstkreuz 1. Klasse de l’Ordre du Mérite de République Fédérale Allemande. Il est membre de l’Académie Française des Technologies, de l’Académie Française de l’Air et de l’Espace et de l’International Academy of Astronautics. Il est également membre associé de l’Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux Arts de Belgique (2010).