Séance de Rentrée académique 2008 : discours de Angélique Léonard, représentant le Personnel scientifique de l’Université de Liège

Une Université prête à agir pour le développement durable


Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, en vos titres et qualités,

En ce jour de Rentrée académique, l’Université de Liège a choisi de mettre l’accent sur l’Environnement. En remettant les insignes de Docteur Honoris causa à Monsieur Rajendra Kumar Pachauri, nos autorités adressent un signal fort, celui d’une Université pleinement ouverte sur le monde, et à l’écoute des défis qui l’attendent en matière d’environnement, plus particulièrement dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.

PM131Le dynamisme de l’Université de Liège en matière d’environnement s’est matérialisé ce jour par l’ouverture du site Planet’ULg recensant plus de 170 thématiques de recherche qui y sont reliées. L’accomplissement de ces recherches repose, pour une grande part, sur les membres du personnel scientifique, véritables chevilles ouvrières, tant sur le terrain, qu’en laboratoire ou en bureau, en collaboration avec des partenaires issus du monde académique, des pouvoirs publics ou de l’industrie.

Il est impossible d’évoquer l’environnement sans parler d’énergie. En effet, l’interaction entre énergie et environnement est particulièrement forte en ce qui concerne la pollution atmosphérique de manière générale et l’émission de gaz à effet de serre, avec le CO2 en point de mire, en particulier. Les scénarios les plus optimistes de l’Agence Internationale de l’Energie indiquent que les combustibles fossiles représenteront encore entre 66 et 71% de l’énergie primaire consommée au niveau mondial à l’horizon 2050. On comprend mieux les enjeux d’une politique menée à un niveau international et le rôle crucial du GIEC.

Les activités d’aujourd’hui ayant des conséquences à l’échelle d’un siècle, il est urgent d’agir maintenant. Un rapide survol, non exhaustif, des mesures à prendre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre permet de mettre clairement en évidence la place importante du monde scientifique.

La première mesure consiste à maîtriser notre consommation d’énergie. D’un point de vue technologique, ceci implique l’amélioration des rendements de conversion de l’énergie dans les moteurs et les centrales thermiques, le recours à la cogénération, ou encore à la gazéification du charbon intégrée à un cycle combiné. La recherche d’une meilleure efficacité énergétique est également essentielle, tant pour les procédés de transformation de la matière, que pour l’habitat, par exemple. Ceci implique le travail des ingénieurs, chimistes, électromécaniciens, électriciens, architectes. La maîtrise de notre consommation d’énergie nécessite également de mener des recherches et des actions au niveau social et économique. Il s’avère essentiel de sensibiliser chaque citoyen afin de les conduire vers un comportement énergétique respectueux de l’environnement.

La seconde mesure consiste à se tourner vers des sources d’énergie à faible émission de carbone. Le développement des énergies renouvelables, éolien, solaire thermique, solaire photovoltaïque, géothermie, hydraulique, biomasse ou encore l’utilisation de l’hydrogène comme vecteur énergétique s’appuie sur de nombreuses expertises : chimistes, biologistes, physiciens, ingénieurs des constructions, géologues, électromécanicien,…

PM132La troisième mesure est reliée à la capture et au stockage du CO2 produit par l’industrie (énergie, cimenterie, raffinerie, pétrochimie, …). Dans ce domaine, une recherche interdisciplinaire regroupant ingénieurs, géologues, chimistes, physiciens reste primordiale.

J’aurais également pu mentionner de nombreux autres aspects liés à la lutte contre le réchauffement climatique comme la reforestation, l’infrastructure des transports, l’aménagement du territoire, …. Le temps m’étant compté, ma sensibilité d’ingénieur chimiste a pris le dessus, ce que j’espère vous comprendrez aisément.

Au nom du personnel scientifique, je tiens à exprimer mes plus chaleureuses félicitations à Monsieur Rajendra Kumar Pachauri, et par extension à tous les membres du GIEC, ici représentés par MM. les Professeur van Ypersele et Mathieu, pour leur action.

Enfin, je terminerai ce petit mot en affirmant ma très grande fierté de faire partie d’une Université qui a mis l’Environnement à l’honneur et mobilise ses forces vives pour en assurer la préservation, dans l’optique du développement durable. Vive l’Université de Liège !
Print version Page updated on 2009-02-05